black bass

2011 en images

A la manière de Fanfouet, je me propose de résumer 2011 en quelques images fortes, comme autant d’illustrations de la multiplicité des sentiments qui ont pu m’habiter au cours de cette saison pour le moins contrastée.

tout début mars

Le temps est désespérément sec depuis un mois, si les nuits sont fraiches les journées sont déjà douces. Je n’y résiste pas et j’arpente dès la mi février les berges du Rhône. En plein soleil, vers midi, de grosses gueules happent les premières mouches, les énormes chevesnes ont vite eu le nez en l’air. Je tombe fréquemment sur des bancs de hotus, et, à l’aide d’un gros gammare je réussis enfin à en séduire un. Cette photo est révélatrice de la taille vraiment très élevée des habitants du Rhône. Ce fleuve mal-aimé, corseté, victime de chasses (vidanges violentes) dévastatrices révèle un potentiel incroyable. Je n’ai pas fini de le parcourir.

Mars, un jour de pluie

Première sortie seul, première truite également, quelques minutes avant. J’aime cette image, je suis blotti dans un creux de rocher, sous une frondaison, quelques brindilles dans un renfoncement du rocher, et mon regard se perd dans les flammes. Dans cet instant il y a l’espoir, celui qu’on porte en une saison neuve, malgré l’inquiétude de niveaux bas, celui qu’on porte à la pluie, qu’on souhaite à même de déclencher une éclosion. Peu après, j’assisterais au spectacle magnifique de la fraie de très gros ombres, visibles au début de ce petit film, et je décrocherais deux belles truites, les deux en sèche, sur des coups de lignes compliqués. Je me dis que la saison est pas si mal démarrée…

Avril, pas d’eau

Des niveaux d’été (première photo), et les prières à l’attention du ciel pour que les nuages lâchent quelques gouttes… Sans les pluies de juillet, la mortalité aurait été redoutable. La saison a été profondément impactée par cette météo au beau fixe. De la pêche ultra fine dès avril, une ouverture de l’ombre dans des eaux déjà chaudes, bref, un vrai défi, et la nécessité de préserver au maximum nos partenaires de jeu. Pour ma part, avant l’automne, je ne me suis autorisé qu’une seule cession ombres.

Ton sur ton

L’ami François, son épuisette verte mondialement connue qui se confond avec les frondaisons. Comme chaque année, le temps d’un WE, on se laisse glisser dans la magie des parties de pêche en nymphe à vue à quatre yeux, des traques, des planques, des jurons, des bières à la santé des truites si grosses qu’une fois ferrées si elles se mettent en travers elles bouchent la rivière, des bivouacs où le feu crépite. Une pause dans la course du monde, le temps y passe trop vite mais on en prend la pleine mesure…

Cette année tout de même, changement de programme, on fait enfin quelques beaux poissons, bon on va se mentir, ça change quand même sacrément la tournure d’une cession pêche !

L’horreur est humaine

Malgré mon emploi du temps plus que compliqué, j’ai décidé de me bouger autant que possible. AG, nettoyage, et mobilisation le 14 Mai pour le Doubs. Quelle misère de découvrir des lieux sacrés comme le pont de Goumois, le pré Bourassin, alors que tout crève. Il suffit de se pencher, ombres et truites couverts de mousse, nos rivières et poissons pourrissent… Le chemin du retour est long à se ressasser son impuissance. Je pêche quelques îlots encore épargnés par la pourriture, pour combien de temps, j’ai le droit à combien de sursis ? D’autres derrière moi pourront ils connaître les bonheurs simples décrits un peu avant dans ce texte ?

L’américain

Dans ce contexte d’eaux basses, de rivières surpêchées (les pêcheurs du Doubs et de la Loue ont migré vers des cieux plus cléments…), je reçois le temps d’une journée un ami de Christophe (Clema74), Aaron Jasper, guide de pêche américain. Choc des cultures, lui boit du coca et du red bull, moi j’avais apporté le petit vin dont le choix a été longtemps réfléchi, les pâtés, les saucissons…. Je pensais être un fondu de pêche, là c’est un autre monde, ce type est un barge ! Incroyablement bon pêcheur, il réussira à tirer son épingle du jeu dans des conditions de pêche infernales… La taille de nos ombres l’a estomaqué ! En revanche il a été plus que choqué de l’attitude désinvolte d’une famille venue barboter dans ses bottes, un comportement inimaginable pour un pêcheur américain.

La truite qui aimait les chamois

J’aime cette photo, je l’ai choisi plutôt que d’autres prises, parfois plus grosses, car il me semble qu’elle illustre très bien la saison 2011. De beaux poissons,, pas forcément monstrueux mais pris régulièrement, sur des mouches extrêmement simples. Je me suis contraint à la plus grande simplicité dans le montage, à des imitations très épurées, et j’ai l’impression que ça a payé….

Coup du soir

2011, c’est la première saison depuis 4 ans où je ne travaille plus dans l’Ain. Adieu les possibilités de coups du soir sur ma rivière de cœur. Des horaires de malade, un éloignement de mes spots habituels, une météo résolument tournée vers la sécheresse, m’ont presque convaincu que les coups du soir après le boulot sont un lointain souvenir…

Et puis il y a ce coup d’eau de juillet, les journées sont longues, le matin plutôt que le train je privilégie la voiture, charge le coffre et le soir je file vers la Gère… A peine 1h30 de pêche, mais des truites le nez en l’air, et ce bonheur indicible d’être les pieds de l’eau, de lutter avec la nuit qui tombe pour distinguer sa mouche, soudain la voir disparaître…

Colorado, août 2011

Vacances de rêve, quelques cessions pêche, et puis dans cet affluent du Rio Grande prospecté au fil, la soie qui s’arrête, la sensation de lourdeur et tout qui s’enchaine, lutte entre le poisson et le pêcheur, je cavale après la truite, écarte les branches, et finis par aller chercher la truite à la main après que cette dernière se soit calée sous une berge… j’aime cette image, j’admire le poisson encore quelques instants, il faut vite la laisser repartir…

Lamar River

Souvenir cuisant de cette rivière, avec deux poissons qui m’ont ouvert l’hameçon. Pourtant, cette image me transporte complètement, peut on rêver plus beau cadre ? Merci à ma douce pour ce cliché rare qui immortalise un instant précieux… C’est une madeleine de Proust, une douceur que je vais longtemps déguster, peu à peu elle perdra de sa saveur, il faudra donc que j’y retourne !

ogive dorée

Les barbeaux me fascinent. C’est seulement le deuxième que je prends, mais j’ai adoré ce coup de ligne. Le poisson posté dans un courant, à la sortie d’un goulet, la nymphe légère qui rencontre le léger frémissement du poisson… En 10°° s’il vous plait !

Deux initiales, BB

Jérôme et sa douce reviennent quelques jours en France, avec son papa, son frangin, JB, on se retrouve à Trept. Les arcs sont sur stressées, leur comportement aberrant me gonfle, très vite, je me focalise sur les back bass, c’est derniers sont incroyablement méfiants. Je mettrais 3 heures à percer le secret. Il faut lancer près du poisson visé, mais ne surtout pas animer… Alors, avec un peu de chance, le poisson vient cueillir l’imitation du bout de la gueule… La suite ne se raconte pas. J’aurais le droit aux faveurs de 4 poissons. Je suis mordu, la passion pour ce poisson ne fait que démarrer.

fous de pêche

François et le Nico, rien n’arrêtera notre quête du hot spot !

Bonne saison 2012 à tous, j’espère que vous aurez autant de plaisir que moi à arpenter la berge, prenez soin de relâcher vos prises, et redoublez d’attention pour le milieu qui les abrite…