carnets de pêche et flaneries au bord de l'eau

Salut à tous,

A travers ce blog, je souhaite vous faire part de mon initiation à la mouche, initiée en mars 2007, vous narrer comment je glisse lentement dans les méandres de cette passion, ma foi sans opposer trop de résistance.

Quand on débute, ce qu'il y a de bien, c'est qu'aucune spécialité ne rebute, et que tous les poissons font foi. Je fais partie de ceux qui pense qu'on peut prendre son pied avec un paquet d'espèces piscicoles, et j'entends bien le prouver au cours de ces pages !!

Bien sûr la beauté et la fragilité des milieux que sont nos terrains de jeu seront autant de matières à disgression. Par ailleurs, je trouve que la pêche à la mouche a une forte dimension épicurienne. Ne vous étonnez donc pas si vous trouvez au cours de ces pages des considérations sur un vin, une bière belge ou encore quelques recettes de cuisine.

Par ailleurs, la pêche à la mouche demande une telle connexion avec son environnement (comment choisir une mouche sans observer ? comment fouetter sans lire l'eau?), qu'il est bien probable que se glisse également quelques écritures contemplatives, quelques considérations sur les beautés du monde qui n'engageront que leur auteur !

J'espère que vous aurez plaisir à suivre ces lignes, j'en ai pour ma part beaucoup à partager cette passion. Je souhaite également que ce blog puisse motiver des rencontres pêche, car je n'ai encore pris aucune truite avec un clavier !!



idée de site

alx | 02 juin, 2009 09:36

Salut à tous

Voilà, il me trotte depuis plusieurs semaines dans la tête l'idée de créer un site Internet recensant les no kills autour de Lyon (vaste rayon). Nous sommes des privilégiés car l'offre est abondante, malgré celà l'information est clairsemée, éclatée, peu évidente à trouver dans certains cas.

Je reste droit dans mes bottes quand au constat de l'immense potentiel dont nous disposons et de la faiblesse de sa mise en valeur. La Région Rhone Alpes (et ses alentours) a vraiment une carte à jouer en matière de tourisme halieutique. De manière très immodeste, j'aimerais apporter une petite pierre au développement de ce dernier.

J'ai travaillé à l'architecture du site, où à partir d'une recherche cartographique ou tomberait sur une page présentant le no kill (carte avec accès, infos sur les cartes de pêche, descriptif avec photos, principales techniques et hébergements à proximité..., liens vers de l'info sur l'asso, les niveaux...). J'ai même envie d'aller plus loin en donnant les coordonnées des guides sévissant sur la rivière, et pourquoi pas l'adresse d'un monteur local auprès duquel prendre quelques mouches.

Ce site serait régulièrement mis à jour en fonction de mes virées sur les différents parcours.

Je me heurte évidement à la difficulté technique de mise en oeuvre du site, puis de l'hébergement, mais ça c'est mon problème.

Je vous sollicite pour savoir si vous jugez pertinent la création d'un tel site, et pour recueillir votre avis sur la question. Sachant que je suis un débutant dont la majeure partie des virées se solde par un capot, n'est ce pas péromptoire de ma part de m'engager dans une telle démarche ?

A beaucoup plus long terme, sachant que je me vois évoluer au fil des ans sur un mêtier plus en rapport avec le développement territorial et le tourisme de proximité (je ne me sens pas la moelle à 65 ans de continuer à faire le boulot que je fais actuellement) j'imagine même moyennant un % proposer selon les souhaits des personnes de leur trouver un hébergement, prendre leur carte, trouver un guide... Il s'agirait bien sûr d'une activité d'appoint, inutile d'espérer en vivre. Là aussi je serais heureux de recueillir vos avis...

Et pour finir, ma motivation première... c'est pas beau çà ??

Comme je les vois ...

alx | 28 avril, 2009 11:50

Souvent, je cherche à rendre compte de la manière dont je perçois les poissons. Depuis tout petit, ces animaux me fascinent, et je crois bien que je suis venu à la pêche pour mieux pouvoir les observer...

Si je n'avais pas été une indéctrottable tâche en mathématiques, j'aurais aimé que leur étude soit mon mêtier, j'avais la passion, le niveau suffisant en sciences naturelles, mais le dieu tout puissant des mathématiques en a décidé autrement... En effet, passé la seconde, c'est la capacité à résoudre des équations abstraites qui ne servent à rien qui distingue les scientifiques des autres, même quand ces derniers, incapables de résoudre ax+b, connaissent la formule mathématique de la photosynthèse pour la simple et bonne raison qu'ils ont compris à quoi ça sert...

Bref, nous ne reviendrons pas sur la pédagogie de mes chers enseignants. Reste qu'aujourd'hui, j'aimerai être en mesure de fournir une illustration de la manière dont je perçois les poissons.

L'eau, milieu contraignant, a forgé de superbes animaux, qui semblent être la synthèse entre la réponse à un milieu difficile et la capacité de la nature a semer de la fantaisie partout...

Quelques montages pour rendre hommage à mes compagnons d'un instant :

 

A plus ...

Alexis

Pitié pour les ombres !!

alx | 07 avril, 2009 11:14

Salut à tous,

J'ai découvert ce drôle de poisson un peu sur le tard en réalité, puisque mon premier ombre je ne l'ai pris que l'année dernière. Il s'en est suivi une dizaine de poissons dans l'année et depuis, même si ma connaissance reste très limitée, je pense en connaître un peu plus sur ce dernier.

Je voulais juste attirer votre attention sur la fragilité de ce superbe poisson, que pour ma part je trouve tellement étonnant que j'ai du mal à considérer qu'il s'agit d'un poisson autochtone (pourtant je suis d'une région où l'ombre est implanté naturellement).

Juste un exemple, le petit ombre (un peu moins de 25 cm je pense) que je joinds en photo en fin de page, je l'ai pris en juin, dans une eau encore à moins de 15°. Il n'est jamais sorti de l'épuisette, je ne l'ai jamais pris avec les mains, pourtant, en le maintenant dans l'eau à travers les mailles très douces de mon filet, j'ai mis plusieurs minutes à le faire repartir dans le bon sens...

Alors quand je vois sur l'Ain, où à travers des récits (blogs ou autre) des pêcheurs qui le recherchent systématiquement en période de fraie, et qui se justifient en parlant de "no kill" et de "vaccination" là ça me gonfle vraiment.

Pour deux raisons, d'une part en période de fraie, l'ombre est con comme un ballon. Moi aussi mon premier je l'ai pris avant l'ouverture (15j) l'année dernière, sur un énorme ponpon blanc sur hameçon de 12, et j'ai le témoignages d'un poisson pris au ver sur triple !! Le super coup de ligne est donc très relatif, réessayez en septembre pour voir si vous êtes toujours aussi balèzes...

La deuxième raison étant la fragilité évoquée plus haut.

On peut prendre ce poisson par erreur bien sûr. Plusieurs fois, alors qu'on le croyait sur les gravières en pleine eau, il est sur une bordure où on s'attendait à voir des truites.... Prendre un ombre avant l'ouverture est difficilement évitable dans certains coins. Le rechercher systématiquement est par contre vraiment condamnable...

Nous sommes déjà largement exposés aux critiques, souvent infondées et relevant parfois du fantasme, alors ne prêtons pas le flanc aussi facilement...

A titre personnel j'avoue que certaines fois je suis furieusement tenté, que le démon de la pêche me hurle de poser ma mouche sur ces trois gobages rapprochés, et franchement, j'aurais déjà pu éviter le bredouille 2009 (si on excepte les rotengles...). De la même manière, la vue de brochets en première cat, ou de gobages de truites en deuxième après septembre m'ont ammené à quelques lancers condamnables (sans résultats au demeurant, comme quoi y a une justice...)... Seulement à l'échelle de ma première partie de vie, je suis né en 1980, j'ai déjà vu des espèces disaparaître ou presque (l'anguille en Charente Maritime) et la pratique de la pêche devenir une affaire de spécialistes si on souhaite éviter la bredouille systématique...

Chacun fait en son âme et conscience, on a le droit de pêcher à la mouche sur les rivières à ombres, mais il ne faudra pas s'étonner de voir arriver des floppés de mesures coercitives vis à vis de la pratique de la palm si on continue à se considérer au dessus des lois du moment qu'on pratique le no kill...

Mon coup de gueule s'explique par le spectacle mardi soir d'un ombret flottant crevé sur le dos, sans aucune espèce de blessures apparentes...

Voilà je n'ai ni l'éxpérience, ni le statut, ni la légitimité pour me poser en moralisateur. Je suis juste un moucheur ayant commencé il y a trois ans, dans un contexte d'extrême rareté de la ressource et qui aimerait continuer à exercer sa passion dans les années à venir... J'ai aussi mes contradictions, et une envie de pêcher qui me taraude le bide à chaque instant... C'est pas évident...

Merci de m'avoir lu,

Alexis

 

Proximité, nouvelle destination pêche

alx | 16 février, 2009 12:20

Un hiver à rêver de lointain, et la réalité qui vient se rappeler à mes souvenirs.

Cette année, mes fantasmes californiens il faudra que j'apprenne à les remiser dans un coin de ma mémoire. La réalité économique est abrupte, mais il est dur de s'en abstraire.

J'ai malgré tout droit à quelques congés "pêche". Qu'en faire ? Viser une destination européenne ? au risque de dépenser une bonne part des économies californiennes ? Sans trop savoir ou aller, en consacrant près de la moitié du temps aux trajets...

Finalement, les hasards de la vie me proposent une superbe opportunité : pouvoir consacrer plusieurs jours de suite à la basse rivière d'ain.

Les grands pêcheurs ont tous une rivière de coeur dont ils peuvent réciter tous les cailloux, j'en suis tellement loin... Un peu d'apprentissage me ferait du bien.

objectif 2009 : connaitre quelques truites de la BRA par leur prénom...

BRA - rétrospective

alx | 12 novembre, 2008 17:35

Un jour je tombe sur une vieille affiche militant contre le déclassement de la Basse Rivière d’Ain, qui de grande rivière à ombres se retrouvait « simple » rivière de première catégorie. 

Et au regard de la population piscicole, il faut bien rendre compte de l’ineptie. La Basse Rivière d’Ain fait partie des quelques rares grandes rivières françaises proposant une véritable population mixte, où presque toutes les espèces piscicoles sont présentes. 

Aujourd’hui je ne devrais pas avoir à tirer un bilan de 2008, mais plutôt préparer des petites mouches à ombres, des nymphes à barbeaux et des streamers à brochet. Quel gâchis, quelle souffrance aussi lorsqu’en passant sur les ponts je constate les immenses bancs de barbeaux, le brochet qui chasse et l’ombre qui ondule dans le courant.  

Au lieu de cela, le classement actuel considère le brochet comme nuisible et autorise de fait son massacre, alors même qu’il trouve dans les bras morts de la rivière un des derniers milieux pour se reproduire, et ce malgré les marnages incessants.  

Dans le même temps, ce classement concentre la pêche sur quelques mois, et de juin à septembre, pêcheurs en foule, baigneurs, badauds et canoës se bousculent sur l’eau, ce qui a mon sens nuit à la rivière et entrave pas mal le comportement des poissons. Par ailleurs, ce n’est pas forcément le moment idéal pour traquer des salmonidés qui doivent faire face à une eau réchauffée. 

Ne serait il pas plus judicieux d’étaler cette fréquentation sur l’année ? 

Ne faudrait il pas prendre la mesure de la diversité de la rivière et imposer le même règlement exemplaire que pratique l’UPRA à l’ensemble des espèces et pas aux seuls truites et ombres ? 

Ne limiterait on pas la présence du cormoran par une présence régulière de l’homme sur les bords de la rivière ? 

Dans le même temps je suis conscient des moyens dérisoires de l’association pour lutter contre le braconnage et les malversations diverses, et  de fait on peut penser qu’autoriser la pêche à l’année entraînerait des truites dans les paniers. N’empêche, je suis encore un peu jeune et j’aime rêver. 

Il ne me reste cependant plus qu’à tirer le bilan de l’année 2008 sur la BRA, bilan en forme de premières fois. 

Première truite, tard dans la saison (juillet), et à force de persévérance (au moins une dizaine de sorties préalables sur ce spot). Truite qui a succombé à sa faim de vairons. Impossible d’en sortir d’autres, quelques casses en nymphostream et une en noyée (20°° quand même, ça devait être un morceau).Je me souviens encore de chaque détail de la capture de cette première zébrée, de la touche en passant par le combat puis au moment de le relâcher.

   

Premiers ombres, que j’ai cherché cette année un peu plus spécifiquement, pas beaucoup, 5 ou 6, et pas des gros. Début de saison presque facile puis ils ont vite compris la musique tandis que moi je m’entêtais à ne pas descendre en taille d’imitation.C’est une pêche passionnante, alors même que jusque là ce poisson ne m’avait jamais motivé. Dérive aval, pas de dragage (plus facile sur l’Ain que sur la Dordogne) et petites imitations basses sur l’eau.Touches très rapides. Ceci étant, quand il gobe, c’est pas pour de faux. Je pense qu’on ne loupe pas beaucoup de poissons, ceux qu’on croit louper montent juste « taper » la mouche, c’est assez flagrant en eaux claires. 

 

Premières vandoises, que j’ai trouvées particulièrement plaisantes à pêcher. Au demeurant j’ignorais leur existence sur l’Ain et c’est un poisson combatif pour sa taille. 

Premiers chevesnes de l’Ain, ce vieux compère m’a donné beaucoup de fil à retordre sur cette rivière. Sur les secteurs calmes qu’il affectionne et avec la clarté de l’eau, il est particulièrement méfiant. Et toujours cette défense très différente d’un poisson à l’autre, entre le gros mollasson qui se fait treuiller et celui pris dans un courant qui vend chèrement sa peau… Premier brochet maillé. Cette année que je pensais destiner en grande partie à seigneur Esox sur cette rivière, a été finalement très plate, car les eaux plus basses que l’année passée ont limité mes sorties de pêche à sa recherche. Je suis par ailleurs inquiet, j’en ai vu beaucoup, beaucoup, beaucoup moins que l’année dernière, où notamment les juvéniles pullulaient et où j’ai vu quelques poissons records.

  

Enfin premier barbeau, et là ben en fait y a pas trop de mots… Certains doivent trouver ce poisson assez nul, car avec lui point de cabrioles et de sauts à répétitions, par contre attendez vous à batailler plusieurs minutes avec un poisson qui ne semble jamais épuisé et qui vous fera plusieurs rushs de suite. J’ai adoré, et l’année prochaine ma boîte sera alourdie de nymphes destinées aux barbus.

  

Il y a eu aussi le plaisir des rencontres au bord de l’eau. Jeronimo, qui m’a appris les coins et la pêche en noyée, Pierrick, traqueur de grosses truites et poète (son blog, malheureusement peu alimenté depuis qques temps vaut le détour), steph@, corrézien en périple calcaire, Tilky, qui me prend son premier ombre sous le nez un jour de bredouille pour moi, Fanfouet et Niko, descendus du Nord Est avec vieille Clio, tente flinguée et Kro depuis Nancy, mais surtout avec un paquet de bonne humeur (pure journée les gars !!)… 

Il y a les prises de tête, pêcheur à deux cannes (même si c’est autorisé je trouve ça débile dans cette rivière), moucheurs antipathiques incapables de dire bonjour, clubs ou du moins groupes de moucheurs traquant avec assiduité l’ombre …. Trois semaines avant l’ouverture. 

Bref, tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais voir le ciel devenir rose sur la rivière, croiser régulièrement les castors, observer les oiseaux  et l’ensemble de la faune sur cette rivière si proche de Lyon, c’est exceptionnel. Lorsque les poissons ne veulent rien savoir, lorsque les seuls gobages sont ceux des barbeaux (un mystère à résoudre), on s’assoit et on observe, et franchement, ça aide à se réconcilier avec le monde. 

Durant deux à trois mois, de mai à mi juillet, j’allais presque un soir sur deux en semaine au bord de la rivière. Le bilan peut sembler extraordinairement faible si on regarde le ratio sorties / captures, mais cette année m’aura permis de comprendre certaines choses, et surtout, de me poser un paquet de nouvelles questions… 

J’aimerai que 2009 soit sous le signe de la régularité, ce qui suppose de peu à peu effacer le côté brouillon qui me caractérise et être en mesure de tirer les conclusions de déjà deux ans de fréquentation de la rivière… Mais tout me semble si neuf à chaque fois, et je me trouve si gauche... Est il envisageable de passer encore plus de temps au bord de l’eau ? Ou faut il chercher à rationaliser les sorties ? La vie et ses obligations me rattrapant de plus en plus, il va falloir me résoudre à pencher pour la seconde… 

J’ai un hiver pour ça, que le votre soit plaisant, qu’ils donnent l’occasion à chacun de prendre la mesure de sa passion.

 
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