l’ouverture avec une eau majuscule

Tout l’hiver, on ronge son frein. L’ouverture n’arrive jamais, on la voit si loin. Pourtant Mars arrive et rien n’est prêt, boîtes vides, soies fanées, bas de ligne en tire bouchon…

Tant pis, samedi c’est fête ! JB et moi ce sera l’Ardèche. Parfois les rivières y sont précoces.

Nous voilà au bord de l’eau, c’est beau, juste beau, follement beau, si simplement beau que nous en sommes réduits à nous sourire bêtement, subjugués.

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La voiture garée, on hume l’odeur de pierre froide apportée par le vent, parfois teintée d’un feu de bois au loin. Par dessus le parapet, nos yeux fouillent les fonds, vides…

Au bord de l’eau, nous tressautons de concert, un gobage !!

Je m’y colle, deuxième posé, pendue !!!

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C’est trop beau pour être vrai, malgré les gestes vite retrouvés, le désert.

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Les mouches défilent, mais la bise s’invite, heureusement que la poire artisanale est dans le sac, sans quoi, nous aurions gelé sur pieds !

Au autre gobages furtif, et c’est JB qui prendra une très belle zébrée.

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Elle sera suivie d’une consœur, et moi je décrocherai un autre poisson. Trois poissons pour une ouverture, et surtout le bonheur d’être au bord de l’eau.

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Le lendemain, je furète, j’explore, loin, très loin de la foule des pêcheurs.

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Les buissons de ronce, les massifs de buis, les blocs énormes et moussus protègent quelques jolies pépites !

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Belle ouverture.

 

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quelques truites …

L’année où je suis devenu père … Lire la suite…

souvenirs de 2014

Cette année, j’ai démarré un carnet de pêche ; exercice comptable, rigoureux ; secteurs, météo, mouches, nombre de prises … Je le relis, le repose, un peu déçu. Ce qui a fait le sel de cette année ne s’est pas fait enfermer par les mots.

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Au fil des saisons qui défilent toujours trop vite, je me rends compte que la pêche n’est plus un but, mais est devenu un moyen, un vecteur pour accéder à un sentiment de plénitude, une raison pour pousser la porte et se faire happer par la nature.

La seule addition des poissons pris n’est pas l’unique garant de la réussite d’une partie de pêche. Ce serait vain de dire que ça n’y participe pas, et je serai un menteur si je n’avouais pas que je suis toujours autant excité par la capture d’une grosse truite ou par une journée à plus de dix poissons. Toutefois, c’est une alchimie complexe entre le nombre de poissons leurrés, les qualités de la rivière et des paysages, le contexte des captures, la solitude absolue ou au contraire la présence d’un ami cher, l’état d’esprit dans lequel on a abordé la journée ou le séjour qui fondent la différence entre une sortie commune et une cession extraordinaire ….

2014 illustre bien ce propos. Malgré un printemps compliqué pour raisons personnelles, un automne comme un acte manqué pour cause de travaux et de déménagement pour un ami auprès duquel j’étais largement redevable, je qualifierai cette année de très bon cru car j’ai toujours réussi à rester calme au bord de l’eau (l’emportement étant chez moi un très gros défaut) et à profiter de chaque instant.

La première truite de l’année a été une petite ardéchoise, quel bonheur de retrouver les vallées perdues !

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Émotion intense également avec cette première truite biennoise après deux ans de fermeture.

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A chaque printemps je revis, j’aime cette exubérance de la végétation, cette lumière douce et chaude qui fait sortir les mouches et les truites.

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J’ai arrêté de râler contre la météo, car qui sommes nous pour décider des cieux ?

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J’ai préféré m’adapter, apprenant à pêcher en nymphe lourde. Cette pratique parfois décriée est très sensitive et intuitive, sollicitant d’autres sens que la vue…

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C’est parfois le seul moyen d’aller dénicher des poissons positionnés sous de puissantes lames d’eau…

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… et l’occasion de dénicher quelques très beaux sujets qui mettent rarement le museau à la surface. La truite qui suit a été prise le long d’un mur léché par un puissant courant, sous 1 m d’eau, tandis que l’ombre a été débusqué dans un goulet d’eau blanche à l’entrée d’un lisse, deux postes que je ne pêche jamais d’ordinaire, ou trop superficiellement.

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Je parlais d’environnement… Comment décrire la vallée de la Gordolasque dans le Mercantour ? Le plaisir de pêcher en montagne est à peine descriptible, le vocabulaire manque pour décrire l’étrange sensation de pêcher sous les arrêtes enneigées, des cours d’eaux cristallins peuplés de truites bijoux, l’attention parfois troublée par la vision d’un chamois placide qui vous observe à quelques mètres.

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Grâce à Jean-Baptiste, j’ai aussi pu découvrir la Dourbie, et pêcher sous le vol des vautours les capricieuses truites de cette rivière somptueuse.

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Au printemps bien avancé, c’est comme un rituel. Je vais rechercher les truites parfois incroyablement tatillonnes du Massif Central. Les poissons les plus petits ne sont pas forcément les plus simples à leurrer, comme en témoignent ces truites du Trévezel et du Chapeauroux, deux rivières également découvertes cette année.

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Le début de l’été est maussade, ce qui permet de belles pêches en sèche, ici sur le Guiers en Isère, où la pluie a sauvé une partie de pêche bien mal engagée en faisant sortir de sous les roches des poissons que j’aurai continué à embêter sur les éclairs ne s’approchaient pas dangereusement !

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Avec Jean-Baptiste, nous continuons d’arpenter l’est du Massif Central, cette année, c’est moi qui lui fait découvrir une rivière, et pour une fois, j’emporte le titre du plus beau poisson, concours non déclaré qui occupe pourtant nos esprits lors de ces virées.

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Je retrouve Fanfouet sur les bords de Bienne. La base du cocktail reste la même, rigolade permanente, bivouac et feu de bois, bonne bouffe et vins fins, l’indispensable café du matin.

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Toutefois depuis deux ans, on agrémente ce mélange de prise régulière de beaux poissons, et c’est quand même pas mal chouette !

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C’est au cours de cette expédition que j’ai pris ma plus grosse truite de l’année, en sèche.

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Nous avons également pris notre première truite à deux en nymphe à vue. François pêchait, j’étais ses yeux, planqué sur la berge. La sensation, lorsque j’ai vu la mouche de François percer l’eau à l’endroit indiqué, puis la truite se décaler, prendre la nymphe, hurler « feeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerrrre !!!!!!!!!!!! » et voir ensuite la truite se dodeliner, piquée par le fer, est assez extatique, aussi puissante que de prendre soi-même un poisson !

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Nous avons poursuivi nos rêves de pêche cette année, en poussant jusqu’ à la Norvège et la vallée de la Hemsila…

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Vous savez, c’est le genre de voyage que vous fantasmez pendant des mois, la destination que vous abordez avec un brin de suffisance parce que vous vous dites qu’il n’y a pas plus dur à pêcher que les rivières françaises…

Les premiers jours, ça a été la grosse claque. La Scandinavie a connu la canicule du siècle, nous proposant des rivières à l’étiage marqué.

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La pluie salutaire des premiers jours nous a gelé jusqu’aux os, nous obligeant à trouver des endroits improbables pour dormir, comme cette grange à foin délabrée.

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Impossible de trouver du réconfort dans la nourriture et l’alcool, absolument hors de prix, nous obligeant à nous repaitre de knackis tous les jours, et à tenter des choses affreuses, comme cette fricassée de vairons absolument immangeable…

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Pour autant, on a rien lâché.

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Il a fallu chercher, tester, pêcher très fin, autrement. J’ai notamment sauvé l’honneur en pêchant en noyée avec ce minuscule streamer qui m’a valu quelques captures et la perte d’un très très gros poisson parti se caver dans les roches.

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Las des bivouacs dans des endroits sordides, on a pris le taureau par les cornes, investi une île et déclaré une république autonome et autogérée, entièrement dédiée à la pêche à la mouche.

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Tout ça réuni nous a permis de quand même revenir avec la photo souvenir de « la grosse truite prise sur un lisse irréel devant les cascades qu’on voit dans tous les films sur la Hemsila ».

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Les lacs ont aussi été une alternative heureuse aux rivières.

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L’été a en revanche épargné les rivières françaises. Les pêches électriques sur la Basse Rivière d’Ain sont encourageantes, les ombres reviennent. Il faut espérer que 2015 ne soient pas une nouvelle année noire.

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La fermeture de la truite est arrivée tellement vite… Je ferais une dernière sortie jurassienne extraordinaire, parmi les plus belles parties de pêche que j’ai pu vivre. Chaque truite prise mériterait un roman, et j’ai fini à l’eau pour ne pas rompre la tradition ! Sur mon rocher, séchant au soleil, j’étais heureux de vivre l’instant présent.

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L’automne ne m’a permis que quelques rares sorties, mais l’essentiel était derrière moi. Il me reste à rêver 2015, plus qu’à la préparer (je n’ai jamais su faire …)

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sous le signe de l’eau …

Les jours sont maintenant bien courts. A peine une tentative de soleil à travers le front gris des nuages qui semblent n’avoir jamais quittés notre quotidien.

Les parties de pêche d’ici à la fin de l’année se comptent dorénavant sur les doigts d’une main, peut être quelques traques du brochet, et si le Rhône se calme enfin, aller rechercher les gros bleus, s’ils ont survécu aux chasses de l’année dernière (un article pour comprendre les chasses du Rhône ici).

L’année finit comme elle a démarré, sous l’eau, dans le froid. Difficile de se plaindre toutefois de voir des rivières aussi hautes, aussi belles.

En mars et jusqu’à mi avril, la pêche s’est résumée à braver le froid et regarder courir une eau glacée … Ce virage voyait défiler des cohortes de mouches mais pas un poisson dehors ! Nous sommes début avril, à 600 m d’altitude, pas un bourgeon aux feuilles.

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Je ne savais plus où aller pour prendre ma première truite de l’année. J’en ai fait des kilomètres, j’avais rêvé tout l’hiver et j’étais prêt à aller les chercher jusque sur Mars les zébrées !

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Heureusement que pour patienter, il suffit de profiter des beautés de la nature.

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L’astuce aura été d’aller chercher les poissons sur les tous petits affluents, moins sujets aux fortes eaux, et pour une fois pêchables assez tard dans la saison.

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Tant mieux, j’ai toujours aimé la pêche en ruisseau, gage la plupart du temps de sortie dans des paysages superbes, à la recherche de truites 100% sauvages.

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Comme tous les ans, je pars en virée début mai, au menu amitié, feux de bois, récits de pêche et d’aventure, pêche à gogo, j’ai besoin de cette respiration, de ces moments au plus près de ma passion. Avec Christophe, nous remontons l’arc jurassien puis direction le nord est.

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Même en étant si avancés dans la saison, nous avons du composer avec des rivières aux niveaux très hauts. C’est sans doute le fait d’avoir une telle colonne d’eau au dessus de la tête qui a du rassurer les gros poissons, j’ai en effet battu mon record (en France) avec cet incroyable poisson de 59 cm pris en sèche. J’en tremble encore en me remémorant ce coup de ligne.

Même si je dois plus ce trophée à la météo qu’à mon talent, je ne boude pas mon plaisir ! Ce genre de capture, hors parcours privé, hors no kill, reste quand même un moment rare qu’il faut savoir savourer.

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Les beaux coups de ligne se succèdent, l’année est enfin lancée.

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Le printemps a l’air de vouloir s’installer, il est temps d’aller monter sur les plateaux et les rondeurs du Massif Central, à la recherche de ses truites retorses et combatives en diable, des petits joyaux dans des paysages qui semblent échapper un peu à la course folle du monde.

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Cette année, je profite du meeting gobages en Corrèze pour, au retour, découvrir la Sioule et ses belles truites, traquées en sèche et surtout en noyée … Avec les eaux puissantes de cette année je redécouvre cette pêche sensitive et intuitive.

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Juin et tout début juillet, c’est l’alternance de conditions de rêves et de très fortes eaux, les belles zébrées sortent enfin, sans doute aidées par les éclosions massives de mouches de mai, en tout cas les plus belles auxquelles j’ai pu assister …

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Cette belle truite aura cédé à une grosse émergente de mouche de mai que j’avais fait dériver au ras des branches, en fin de lisse. Le poisson se tenait dans tout juste suffisamment d’eau pour la couvrir. J’ai mis du temps à lancer ma mouche, je ne voulais pas rompre le spectacle du poisson gobant au rythme d’une horloge.

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Sur la Loue, un énième coup d’eau a fait décaver des beautés brutes, j’espère juste que les lâchers inconsidérés de souches atlantiques ne vont pas mettre à mal ces derniers vestiges de la mythique Loue. Ces deux poissons ont été pris en sèche, à 15 m de distance.

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Marmorata du Jura !

IMGP5070Les nombreux coups d’eau  semblaient chaque fois redonner un appétit féroce aux truites. Je me souviens d’un coup du soir inoubliable, plus de dix poissons sans bouger, un régal !

Le coup de balai qui nettoie les fonds …

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et c’est reparti pour un tour !

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Puis d’un coup, sans prévenir, l’été arrive. En peu de temps, les rivières sont à l’étiage malgré les orages, difficile de croire que début juillet certaines étaient en crue ! Je n’ai pas su m’adapter, je dirais presque que je n’ai pas voulu. Tout l’été, je traine ma carcasse le long des rives, faisant fuir les poissons, incapable de faire le deuil des deux mois bénis de pêche en sèche, avec du 15°° et des poissons qui semblaient mort de fin.

Je profite de deux semaines de randonnée avec ma petite femme pour découvrir les rivières de la bordure est du Massif Central, de Saint-Étienne jusqu’à l’Aigoual, mais je vous en dirais plus dans un article dédié. Je ne résiste pas à vous montrer le Tarn, tout près de sa source dans les monts Lozère, un bout d’ouest américain égaré entre causses et hauteurs granitique

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Septembre ne me sourit pas, je ne suis pas dans le tempo. Je fais ma fermeture dans le Jura, il bruine, il y a des mouches partout, des gobages en pagaille, mais je suis complètement à côté de mes pompes. Je sauve le bredouille mais je fulmine d’être ainsi passé complètement à côté.

La fermeture plus tardive en Isère est annulée pour cause de trombes d’eau, l’année finit doucement avec deux passionnants poissons d’automne que je ne pêche jamais assez. Il faut dire qu’il est difficile de trouver la motivation d’aller au bord de l’eau par des matins glacés ou sous des déluges d’eau. Je dois vieillir un peu, je suis moins chien fou.

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J’ai déjà hâte de partir vers de nouveaux horizons …

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à la poursuite des truites du monde : les photos

Salut,

Voici un petit concentré de mon voyage en photos, certaines sont déjà visibles, notamment dans l’article paru dans la gobrevue n°8 ou sur gobages, la plupart n’ont pas été montrées. Il fait suite à un article plus dense et moins agréable à lire, qui recense le matos embarqué et qui je l’espère pourra aider quelques aventuriers.

En prélude, je dois préciser que j’ai loupé énormément de clichés, du fait de l’humidité permanente, d’une lumière capricieuse, ou bien d’une mauvaise tenue des poissons ne me permettant pas une photo de qualité. Par ailleurs, ces photos semblent bien pâles eu égard à la beauté envoutante et à l’immensité de la nature parcourue. Mais à mesure que les contours de mes souvenirs deviennent moins précis, ces clichés sont autant de rappels de l’aventure extraordinaire que j’ai pu vivre.

En faisant cet article, la vue de toutes ces photos m’a filé un violent coup de cafard. Plus le temps passe, plus je prends la mesure de l’aventure extraordinaire que j’ai vécu, et je regrette parfois de ne pas l’avoir vécu assez intensément.

à Madrid, dans un immense aéroport désert. Je ne me lasserais jamais de regarder la préparation des avions. Je ressens encore cette excitation sourde de l’aventure et cette peur de l’inconnu.

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Mon premier levé de soleil dans l’hémisphère sud !

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Plein gaz vers l’inconnu

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Juste avant de quitter les dernières maisons, je faisais pas vraiment le fier …

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En longeant la côte

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drôle de parasite qui poussait sur les arbres. Ouvert, l’intérieur ressemble à un agrume, lorsque, en manque de sucre et de frais, je me posais une fois la question du goût que ça pouvait avoir, j’en ai ouvert un rempli d’asticots… Voilà qui m’a évité de faire la moindre bêtise.

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beaucoup de fleurs sur l’île

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Au début de mon périple, je me suis complétement planté de chemin … J’ai perdu plusieurs heures mais j’ai pu profiter du paysage !

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l’enfer …

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Des heures pour franchir ces forêts mortes, coincé entre une vallée détrempée et une jungle impénétrable, au deuxième jour j’ai craqué, mais après avoir hurlé et pleuré en balançant des branches, j’ai fini par reprendre ma marche, de toute façon avais je le choix ?

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Enfin, les montagnes s’ouvrent, mais près de 2 kilomètres de tourbières m’attendent avant le lac ! Au fond ? et bien c’est l’Archipel du Cap Horn …

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Ma douce cabane, sournois confort, qui m’a empêché d’aller explorer plus loin …

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10 jours au milieu d’une nature à l’état brut

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Lieux envoutants …

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… Peuplée de poissons magnifiques et bagarreurs.

Première truite, au bout de quelques lancers, désolé pour les poissons pris sur l’herbe, mais tout seul j’avais un peu de mal, et puis vu ce qu’il tombait, l’herbe était plutôt humide

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Truite du jour de l’an, incroyable cette robe dorée pour des arcs

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Saumon de fontaine en sèche, sur le lac

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au streamer, en soie très plongeante

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En regardant cette photo, je suis tout autant fasciné par la ligne féroce de cette truite que par l’âpreté des paysages en arrière-plan

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une collègue prise dans le même courant, quelles couleurs !

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dernier poisson du séjour, avant que des trombes d’eau ne s’abattent pendant plusieurs heures

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Mes photos de poissons préférées :

gros pépère du lac, pour info le streamer est monté en hameçon de 2 ! Je me mords les doigts d’avoir loupé cette photo (floue)

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arc mordorée, je reste ébahi devant ce poisson magnifique

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Celle là en revanche je ne l’ai pas loupée !

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Puis un soir, on se dit que c’est la dernière fois qu’on contemple ces lieux … Tout est si calme.

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Deux jours à travers la montagne pour rejoindre la civillisation

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C’est fini …

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Truites du bout du monde : parlons matos

Hello tous !

Partir à l’autre bout du monde, seul et en autonomie de surcroit, suppose quelques menues préparations.

Le récit du voyage fait l’objet d’une restitution dans la Gobrevue n°8. Pour alléger le discours, j’ai préféré ne pas m’encombrer de trop de détails techniques et axer la rédaction principalement sur l’impact émotionnel de cette première crapahute en solitaire. Pour autant je crois bon de partager avec vous le retour d’expérience que j’ai pu tirer de ce voyage concernant le matériel.

Je n’avais pas l’expérience de ce type d’aventure, aussi il y a eu quelques loupés mais globalement je ne m’en suis pas trop mal sorti.

Voici donc un inventaire des principaux éléments qui ont composé mon équipement, en espérant que certains pourront vous servir pour vos prochains trips.

Se repérer, s’orienter, où l’art de faire sans cartes

Je me suis rendu dans un pays où l’armée tient encore les rênes de la cartographie, du coup l’acquisition de cartes n’est pas des plus aisée. Déjà, l’échelle la plus fine est le 50 000ème, pour la randonnée, ce n’est pas idéal même si ça reste encore exploitable. Le site de l’équivalent de l’IGN est un véritable jeu de pistes, même quand des amis parlant couramment la langue du pays viennent à ma rescousse ! Impossible de commander en ligne, sauf à fournir, après diverses allers retours électroniques, mon n° de carte bleue … no way !

Seule alternative, un site américain, qui permet d’acquérir des cartes du monde entier, une véritable mine pour tout baroudeur. Le hic, trois cartes plus les frais d’envoi me reviennent à 230 dollars, là je dis stop, on va faire sans ! D’autant que pour avoir vu des extraits sur le net, ces cartes sont plus que basiques et approximatives aux dires de certains.

Je souhaitais acheter un GPS, je me suis tourné vers l’etrex30 de Garmin. restait la lourde tâche de disposer des bons fonds cartographiques. J’ai claqué 25€ dans birdsEye, censé permettre de télécharger des fonds images satellites ultra précis, bien plus que Google Hearth, sauf que là en l’occurrence, leur satellite a du passer très haut au dessus de l’île, car l’image est vraiment immonde, bien pire que sur Google, 25€ pour rien, je commençais sérieusement à bouillir de l’autre côté de mon écran …

De toute manière, je ne disposais pas sur BirdsEye des courbes de niveau, qui pour moi constituent l’information capitale car elles fournissent de précieux éléments sur la nature des terrains. Couplées à des images aériennes, elles donnent une lecture assez complète de ce vers quoi on s’engage. Le fond topo Garmin du pays étant d’assez piètre qualité, très cher, et les modalités d’achats incompréhensibles, j’ai tenté de trouver un plan B.

Ce plan B a nécessité de faire ressurgir chez moi les acquis de cours de cartographie et de SIG bien enfouis dans ma mémoire après 10 ans sans pratique.

Première étape : trouver une source plutôt fiable. Après avoir consulté plusieurs forums, je me suis résolu à considérer google map comme tel (des mecs sont partis dans l’Himalaya avec des fonds google map, et semblent être revenus pour en témoigner…). Je me suis donc « amusé » à superposer, images après images, des captures d’écran, ce qui m’a permis à terme de constituer le fond topo support de mon expédition.

Seulement pour que cette carte soit exploitable, il a fallu la georéférencer. C’est la deuxième étape.

Internet produit quand même de belles choses, puisqu’il est possible de géoréférencer des images jpg depuis Google Hearth, c’est très bien expliqué ici. Le fichier ainsi créé est dans un format que lit Base Camp, le logiciel gratuit qui permet de préparer ses cartes avant de les transférer sur son GPS. Avec mon assemblage de 17 cartes, je craignais d’avoir une grande marge d’erreur entre la superposition de mon fond topo et les vues aériennes. Après de nombreux tâtonnements (l’outil n’est pas adapté pour de grandes images, volontairement je pense car cela permettrait de géoréférencer toutes ses cartes IGN papier), la superposition semble réussie. Les rives de lacs et de la mer se superposent plutôt bien. Voilà une étape de franchie !

J’ai trouvé sur le net une sorte de topoguide édité par le ministère en charge des « Biens Nationaux », il décrit les deux seuls chemins « balisés » de l’île. Ça devait me permettre d’encadrer environ les deux tiers de ma marche vers le « hot spot », repéré vu du ciel, à savoir une section de rivière tout en méandres, reliant un lac à la mer. Un certain nombre de repères balisent le parcours et sont référencés. J’ai donc voulu les rentrer dans mon GPS. Le hic c’est qu’ils sont en UTM et que mon GPS est en latitude longitude. Je suis donc passé par moult convertisseurs de données, qui me faisaient fréquemment pointer en plein Océan Atlantique ou bien au fin fond de l’Afrique, avant que je comprenne que mon GPS pouvait également exprimer les positions en UTM… Bilan = trois soirées de perdues.

Pour le reste, je repère les coordonnées sur Google Hearth, et me positionne un tracé type vers ce qui me semble un coin sympa.

En clair, vous avez bien lu, je suis parti vers un coin repéré via des images satellites, et avec un fond de carte fait maison… Mais bon, c’était l’aventure où ça ne l’était pas !

En vérité, je ne suis pas allé au bout de mon délire (la rivière entre le lac et la mer), car après deux jours de marche qui m’ont lessivés, j’ai préféré rester dans une vieille cabane au bord d’un lac, avec trois rivières à moins d’une demi journée de marche autour.C’était quand même censé être des vacances !

Je me suis équipé, notamment sous la pression aimante de ma femme, et malgré un prix conséquent (300€ pour un truc dont on espère qu’il ne servira pas !), d’une balise de détresse. En cas d’accident, il me suffisait d’actionner la balise, et les secours les plus proches étaient alertés. Le modèle et le fonctionnement sont décrits ici.

S’abriter, dormir, manger, où comment vivre deux semaines en autonomie avec 20 kg

Là où je me suis rendu, la météo a été éprouvante, des températures maximum de 15°, de la pluie tous les jours, de la neige lors du passage d’un col, une fraicheur et une humidité constante. Je ne pouvais donc pas faire l’impasse sur la chaleur.

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Le premier abri, c’était la tente, ma fidèle Quechua ultralight, moins de 2kg, qui m’a accompagné une nouvelle fois. Basse, facile à monter, solide, elle n’a pas trop souffert du vent mais a clairement montré ses limites face à l’humidité du sol. Pour faire court, le sol était en permanence et en tout lieu parfaitement détrempé.

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Heureusement, pour m’isoler du sol, j’ai fait je pense un excellent investissement, à savoir un matelas de sol autogonflant extrêmement isolant et capable de supporter mes 106 kg (avant de partir, car j’en ai perdu 9 dans l’aventure !). La conception de ce matelas est ingénieuse, une couche d’air au contact du corps, qui chauffe avec ce dernier, une couche d’air au contact du sol, au milieu, une membrane réfléchissante, le chaud ne se perd pas dans le froid, et le froid ne remonte pas jusqu’au bonhomme, voici la bête, le neo air Xtherm. Bon c’est pas donné, mais le confort, la chaleur et 460 grammes qui rentrent dans une poche de sac valent bien ce prix là.

J’ai également investi dans un nouveau sac de couchage. Le cahier des charges était exigeant : chaleur (confort à 0° ou moins), légèreté (moins de 2 kg), taille (pouvoir y mettre mes 197 cm), et prix maîtrisé. Dur de réunir les différents critères et bien souvent le prix s’envolait. J’ai acheté français, avec un Pyrenex, marque plus connue pour ses doudounes haut de gamme. Pour moins de 300 €, je me suis offert un véritable cocon, extrêmement chaud et confortable. La différence avec le très haut de gamme s’explique par le nombre plus réduit de compartiments à plumes, qui rend moins rapide le ‘regonflage » du duvet et réduit légèrement l’impact thermique du duvet (il se tasse plus facilement).

Pour le transport, mon sac à dos est un 70 litres, un Queshua, pas mal pensé, réglable au niveau des lombaires. Si parfois j’ai eu à souffrir des épaules, c’est plus du fait d’un paquetage mal équilibré. Bon 70 litres pour deux semaines d’autonomie, il était plein à craquer ! J’avais tellement plus de place que j’ai porté des chaussettes dans mes poches pendant le voyage en avion !

Niveau vêtement, ça a été la règle des trois couches. Des sous vêtements chauds : slip et caleçon long en mohair, tee shirt manches longues, une polaire, les waders ou le pantalon de randonnée, une veste étanche et coupe vent de randonnée (doublée). Avec ça je n’ai pas eu à me plaindre du froid, sauf aux mains et aux pieds, tout le temps trempés. J’avais une cagoule pour me tenir la tête au chaud, bien utile !

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J’avais prévu un petit sceau pliant (ça tient dans le poing), du type de celui ci, dans lequel je faisais ma lessive avec un produit concentré et biodégradable. En matière d’hygiène, lavage sommaire mais régulier à l’eau de la rivière, complété là aussi d’un produit spécifique. Pour l’eau, sachant que je me rendais dans un coin où aucun humain n’habite le bassin versant, j’avais pris le parti de ne prendre ni filtre, ni pastille (en fait j’avais oublié ces dernières), je conseillerais plus de prudence, même si je suis indemne et que j’ai juste fait pipi un peu orange, sans doute à cause de l’eau très tourbeuse.

Concernant un aspect moins ragoutant, je ne saurais que trop vous conseiller l’excellent « comment chier dans les bois« , qui aborde le problème sous un angle écologique qui amène à réfléchir.

En matière de chaussures, mes vieilles Queshua ont fait l’affaire, par contre mes guêtres premier prix se sont déchirées dans les branchages.

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Parlons maintenant du nerf de la guerre, aussi important voire plus que la qualité du sommeil : la nourriture. Là je n’ai pas été très performant. Pas tant sur le matériel, une popote réduite au minimum, un très bon réchaud, que sur les aliments en eaux mêmes.

Écœuré  par les plats lyophilisés, j’avais opté pour des soupes, du riz et des pâtes précuits, des bouillons de bœuf pour parfumer, des épices. Si j’ai très vite trouvé monotone mes plats, on ne peut pas dire que j’ai manqué de nourriture, en revanche, j’ai oublié un élément essentiel, le sucre, limité dans mon paquetage à quelques graines et fruits secs, vite consommés. J’ai très rapidement regretté cet oubli. Le sucre est indispensable pour donner le coup de fouet nécessaire lorsqu’on est confronté à des marches éprouvantes ou bien le matin pour démarrer. Par ailleurs, l’oubli de café soluble m’a amené à me gaver d’une tisane écœurante. Tout cela a facilité quelques moments de déprime. Par ailleurs, le manque de diversité des aliments a fait que très vite j’ai réduit mes repas à deux voir un seul par jour. J’ai beaucoup maigri, neuf kilos environ, et certains jours j’avais de véritables hallucinations (bruits de la ville qui s’immisçaient au plus profond de la forêt ou de la tourbière, ligne d’horizon qui se déformait,…). Lors de mon prochain périple, je serais très vigilant à mon stock de produits sucrés !

huuuuum ! et ça pendant deux semaines …

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Photographier, gérer l’alimentation électrique des appareils

Dur de concilier le souhait de garder des souvenirs impérissables de ce voyage, et en même temps de minimiser le poids et le volume transportés. J’ai pris le parti de laisser le Reflex à la maison et de ne prendre que mon bon vieil optio W60.

plutôt que d’opter pour un chargeur solaire, très onéreux si on le souhaite performant, j’ai privilégié l’achat de plusieurs batteries, cartes mémoires et pîles (pour le GPS), soigneusement empaquetés dans de petites boîtes étanches qu’on trouve pour pas cher au vieux campeur. Tous les trois ou 4 jours, j’ai changé de carte mémoire, pour m’assurer de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier. Je n’ai pas eu à me plaindre de ce choix.

pêcher, deux tubes et un sac à main

Je ne sais pas si j’ai été tout à fait performant concernant le matériel de pêche. Soucieux à l’idée de casser la canne, j’en ai emporté deux… ça fait beaucoup, c’est encombrant. J’avais pris (emprunté en réalité, merci JB et Christophe !), une 9 pieds soie de 6 (Guideline) et une 9 pieds soie de 7 (Sainte Croix), deux moulinets (orvis), l’un monté en soie de 6 flottante, l’autre avec une soie de 7 multitip avec 4 têtes, de flottante à plongeante. Je n’ai pêché qu’avec la soie de 7 équipée de la soie multitip, combo parfaitement adapté à une pêche de vadrouille où l’on pêche des spots très différents (lacs, rivières plus ou moins rapides et profondes). J’ai pêché principalement avec la soie flottante (sèche et streamer en petite rivière) et une plongeante (streamer).

Pour les mouches, j’ai fait dans l’artillerie lourde, principalement des streamers, sur hameçons 4 à 8, souvent très simples, en noir, violet, blanc et rose, chartreuse, seul le violet n’a pas trop marché.

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concernant les sèches, j’ai été mauvais. J’imaginais des poissons morts de faim se jetant sur tout, ce ne fut pas aussi simple. Lors des retombés de bibios assez fréquentes en lac, il a été très difficile de motiver les poissons à monter sur mes grosses imitations de terrestres. En bref, j’aurai du prendre ma boîte de mouches pour les rivières françaises. J’aurai ainsi ajouté quelques moments de finesse dans ce qui fut souvent une pêche assez « brute de coffrage ».

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Mes bas de ligne faisait une longueur de canne pointe comprise, j’en avais préparé une dizaine à l’avance rangés dans une pochette. Pour la pointe, du 22 en sèche au 27°° au streamer … Entonnement je n’ai pas eu de casse !

Pour ranger tout ce petit matériel (auquel s’ajoutaient les indispensables pinces et coupe fil), j’ai choisi le chest pack jmc light. Je passe sur la fragilité récurrente des produits JMC pour retenir les bons points, un produit dont la contenance permet de caser l’essentiel, facile à ajuster et confortable à porter.

voilà, j’ai l’impression d’avoir fait le tour, bientôt je prendrais le temps de faire un petit déroulé photo de ce périple, peu de texte mais quelques images des moments incroyables que j’ai pu vivre là bas !

deux contributions …

Hello,

Pour ceux qui auraient hiberné, qui auraient été enlevés par des extraterrestres, ou tenus loin de tout ordinateur depuis des mois, et qui donc n’auraient pas eu à subir mon matraquage sur le web, j’en remets une couche !

J’ai eu le plaisir de participer à deux articles de la dernière gobages revue (n°8).

Vous trouverez l’article sur mon voyage au bout du monde, page 58, que je compte faire suivre prochainement d’un article sur ce blog relatif dédié au matos et à la logistique, qui je l’espère pourra aiguiller quelques futurs aventuriers (rédaction en cours).

Page 87, vous trouverez un article sur les mouches de base, où j’essaye de démontrer qu’avec quelques modèles, on peut faire face à pas mal de situations de pêche.

Le lien de la revue est le suivant.

N’hésitez pas à partager ce lien, c’est le fruit d’un boulot acharné de passionnés, bénévoles évidemment, et je dois avouer que pour cette revue comme pour les revues précédentes, je suis étonné de la faible diffusion au sein de la blogosphère mouche française, pourtant prompte à relater la sortie de la moindre revue du fin fond du Montana …

2012 : plus près des sources

Hou là, il commence à sentir le moisi ce blog, longtemps que je ne l’avais pas ouvert. J’aère le temps d’évoquer en quelques clichés 2012.

Au commencement était une soif de pêche insatiable, qui me fit prendre mon permis à l’UPRA comme d’habitude, mais aussi dans le Jura et en Ardèche. C’était avant l’annonce des mortalités biennoises qui m’ont fait démarrer l’année sur les genoux, me vidant d’un coup de presque toute motivation et me remplissant un peu plus le cœur d’amertume.

Et puis je me suis dit  » allons aux sources, allons chercher l’eau pure ». J’ai opéré au sens propre, en cherchant les têtes de bassin le plus souvent, mais aussi au sens figuré, en revenant à des techniques moins alambiquées (j’ai raccourci les bas de lignes, beaucoup, beaucoup pêché en sèche…), et en donnant encore plus de valeur au moment de camaraderie au bord de l’eau. Quelques instantanés d’une année plaisir.

profiter de la beauté de chaque chose

Au bord de l’eau, la beauté révélée à l’amoureux de l’onde

c’est ma femme qui a pris ce dernier cliché, juste superbe

Ne pas bouder les « pêches faciles »

Quel plaisir de se gaver lors des grosses éclosions, il n’y a pas de pêches faciles, il n’y a que le plaisir des instants d’hystérie ou la surface est constellée de gobages !

éclosion de sedges début mai avec Fanfouet et Clema, ME-MO-RABLE

Éclosions de mouches de mai sur une petite rivière ardéchoise, dix poissons sur le même poste, tout ça en une heure, un soir au sortir d’une journée de boulot décentralisée sur les Hautes Terres !

Éclosions de ?? (on a jamais su !) mais on s’en ai mis plein la lampe pendant 45 minutes avec le Clema au fin fond d’une vallée paumée où même les corbeaux volent à l’envers pour pas voir la misère

Amitié et partage

Il existe peu de plaisir aussi grand que celui de passer une soirée autour d’un feu de camp, dormir au bruit de la rivière toute proche, et savourer, transi, le café du matin. Ces instants ont le goût de l’unique, vos amis ont la voix grave, les yeux qui brillent de l’alcool et de la folie qui nous unit ici, ce sont des gentlemen, peut être qu’au bar du Georges V on les regarderait de haut, mais ici ce sont eux les seigneurs et même la forêt se tait pour laisser parler les histoires.

Certaines occasions de la vie (un enterrement de vie de garçon !) permettent même de faire partager une passion jusqu’à là gentiment moquée par les copains.

J’aime cette photo, beaucoup de symboles dans cette dernière, et une belle de la Cure pour marquer pourquoi pas le début d’une passion !

l’excitation d’une cession brochet à deux, un qui écope l’autre qui prend les poissons !

Pêcher, pêcher, pêcher

Je suis comme un poisson sur le macadam, sec, l’œil vitreux, il faut régulièrement que je retourne à la rivière. Le gosse qui frémit au frétillement de l’antenne du bouchon est plus que jamais vivant au fond de moi.

 

 

Et surtout, relâchez vos rêves !

à la poursuite des truites du bout du monde

Bonjour à tous,

J’ai toujours été attiré par les atlas, les hémisphères, les cartes. Du doigt, enfant, je suivais les contours d’une côte sauvage, remontais les grands fleuves, gravissais les montagnes, la tête pleine de récits d’aventuriers et de vagabonds, de Tom Sawyer, de Phileas Fogg, de Robinsons en tout genre.

Combien de fois je me suis-je imaginé sous une cabane ou dans une barque de fortune, seul face à l’Horizon et aux éléments déchainés.

Et bien là, d’un clic sur une souris et un avion va me déposer à l’autre bout du monde, peu après Noël. Pour poursuivre quelle chimère ? Dans la mythologie Viking, le monde est plat, et la mer, aux confins de ce dernier, se précipite en hurlant dans le vide. Et bien avant ce vide, sur les derniers cailloux avant les cataractes, je me plais à penser que c’est là qu’on trouve les truites les plus sauvages, les plus belles, les plus grosses, les plus fortes. Bref, je pars à la poursuite des truites du bout du monde.

J’ai construit ce voyage de la même manière que mes rêveries enfantines, l’atlas est numérique, mais mon doigt a flâné longtemps sur la carte avant de se poser un peu intuitivement sur un caillou perdu.

J’ai  maintenant trois mois pour me préparer à 15 jours d’autonomie complète, dans un environnement sans villages, sans chemins. Il faut déjà s’y rendre, car l’avion se pose bien avant ces confins. Ensuite marcher vers les lieux repérés du ciel, confirmés par de très rares articles trouvés sur le net, sans assurance de dénicher les truites, sans être sûr non plus de ne pas être contraint d’attendre sous la tente que le ciel arrête de hurler son vent glacial et de déverser ses humeurs sous formes de trombes d’eau ou de neige. Mais l’aventure est excitante ! Pas de lodges, pas d’hélicoptères, je vais ressentir chaque instant, chaque seconde, chaque truite capturée aura une valeur inestimable, je les respecte, elles méritent trois jours de marche pour les aborder. Elles méritent d’avoir rêvé depuis près de 30 ans. Au bout du voyage, des truites sans doute, probablement une part de moi-même.

PS : il va sans dire que sans ma femme, sans sa compréhension, sa patience et même ses encouragements à poursuivre mes chimères, ce genre de voyage serait impossible.

hobo des rivières …

Faut il toujours résister, vouloir comprendre, déchiffrer, traduire en règles intangibles les mystères de l’onde ?

Plus je pêche moins je sais. Dans notre monde fini, la rivière constitue pour moi un des derniers espaces de liberté. Je n’ai pas envie de retourner toutes les pierres pour être sûr, je préfère supposer, me tromper, me laisser dériver comme les éphémères traductions du vivant que les truites gobent de temps à autre.

Je suis un hobo des rivières,  de toutes les rivières, depuis le ru des hauts plateaux dont le sillon se devine à peine entre les menthes et les hautes herbes au puissant fleuve qui transporte le souvenir des  montagnes jusque dans la mer.

Peu importe le but, l’important c’est le voyage. Il commence très tôt, il ne s’arrête jamais, une partie de pêche c’est d’abord une construction mentale, murie courbé sur l’étau, qui disparait avec les derniers souvenirs puis qui renait fantasmée, transformée pour le besoin de l’histoire racontée aux amis.

Que dire de la progression vers la rivière, d’abord la ville se dessert, le ruban d’asphalte défile, puis c’est le royaume des petites routes. Fenêtre ouverte il est alors temps d’humer la campagne qui s’ébroue de la dernière averse. C’est pourtant l’impatience qui prime, teinté d’une sourde angoisse, après le virage on sera sûr qu’on est bien le premier sur ce secteur qu’on croit secret.

Ensuite c’est du domaine de l’intime, pas à pas on se rapproche de l’onde, sur les secteurs qu’on connait, on note le moindre changement, l’herbe des rives foulées qui annonce les fortes eaux de la veille, le sable qui par les traces laissées témoigne qu’on est pas le premier ou tout simplement l’avancée du printemps qui se matérialise par un chemin de plus en plus inextricable. Pour les rivières inconnues, chaque pas est une découverte, et toujours cette odeur de l’eau, ce bruit, et bientôt le froid qui mord les chairs à travers les pantalons de pêche.

Ensuite ? Une partie de dés que le diable lance pour nous. A intervalles suffisamment régulier, tout semble rire, on croit avoir la bonne mouche, les lancés propulsent nos frêles imitations exactement là où nous le souhaitons, le museau émerge au ras des roches.

Les autres fois, le vent, la pluie, les truites qui rient de nos mouches, mais toujours cet entêtement chevillé au plus profond, cette conviction qu’une truite n’est qu’un poisson et pas quelque bête échappée d’une légende, elles ont faim, nous sommes là, tôt, mais souvent tard, notre mouche va croiser le froissement de la surface tant attendu.

Et tout le temps ces fulgurances, beauté des éléments au hasard d’un méandre, vie électrique parcourant les flancs des poissons, spectacle de la faune au bord de l’eau, lumière jouant de la robe des truites alors qu’elles marsouinent au ras de la pellicule, le beau dans chaque chose, la nature, l’homme parfois, sont artistes …

Puisse la folie des hommes me laisser encore un peu de temps pour continuer à errer aux côtés de l’onde, que l’eau, comme en cette moitié 2012, continue à couler abondamment … Quand je me perdrais dans la brume, alors j’aimerais que mes enfants aient le même sentiment de plénitude lorsque le brouillard dévoile d’un coup le corps nu de la rivière.

Dans l’attente, profitons de ces instants.

merci à Marc pour cette dernière photo