parties de pêche

un truc se passe…

C’est dans les doigts, un truc qui se passe…

On est loin, très loin de la perfection, et à des années lumières des grands pêcheurs qui parsèment le web, et de tous ceux qui l’évitent pour se préserver et préserver leur cadre de jeu.

D’abord les petiotes pour rassurer…

Et puis c’est sympa de pouvoir progresser avec les potes …

La chance de pas être trop loin de rivières de rêve, que la sécheresse met malheureusement à mal…

Et puis le déclic, l’indicible qui séparent les bredouilles quasi systématiques des prises régulières. Inquantifiable, impossible de mettre des mots, cette sensation que cette fois ci c’est possible, que s’y je m’y prends bien ça va le faire. Et quel plaisir encore une fois de partager ces moments là…

vous reconnaissez l’épuisette ? ; )

Je lis de ci de là que parfois la pêche est facile, que ces jours là, même les pêcheurs à peine dégourdis peuvent faire du poisson, si seulement les gens qui écrivent ces lignes pouvaient se souvenir du plaisir que ça procure de prendre ces quelques truites !

Je souhaite beaucoup de belles parties de pêche aux maladroits, aux débutants, aux malchanceux, à ces hordes souvent silencieuses qui en chient et pour qui chaque poisson, même modeste, est une victoire plus belle à chaque fois…

Alexis

Christ de saumon sale ! – deuxième partie

Voici la deuxième partie de mon récit au Québec

Après la première prise de contact avec les rivières québécoises, on va rentrer dans le vrai, on part demain pour la Gaspésie.

Depuis mon arrivée Jérôme appelle ses contacts, passe ses soirées sur le net pour connaître la météo et les niveaux, nous inscrire sur les listes d’attente de rivières aux noms de rêve : Saint Anne, Cascapédia, Bonaventure… Moi j’avoue que je capte pas grand chose, mais l’état d’excitation de Jérôme est contagieux. La veille de notre départ l’humeur de Jérôme s’apparente à une fièvre intense, mais studieuse. On refait les bas de ligne autant de fois qu’il le faut, chacun tirant à un côté pour en tester la résistance !

Revue des boîtes à mouches, matos entassé près de la porte pour ne rien oublier… Je dors mal dans l’air moite de Victoriaville.

Le lendemain, on reprend la route, direction Québec, dont je ne verrais que la silhouette de la Vieille Ville au loin. On passe chercher Jean Philippe, un ami de Jérôme, dans une tranquille banlieue résidentielle.

J’en profite pour découvrir l’organisation québécoise, car Jean Philippe était en charge de l’épicerie. On ne manquera ni à manger ni à boire…

Le paysage défile à nouveau et je découvre l’immensité du Saint Laurent, on traverse les premières rivières à Saumons et après 5 heures de route on est enfin à destination, la vallée de la Matapédia. Plutôt que le plan roots de dormir en voiture, on loue pour une grosse poignée de dollars une maison à un adorable couple de septuagénaires. Voilà le camp de base :

On file chercher le permis journalier dans une épicerie plus que folklorique, un dépanneur comme on dit, l’équivalent de l’arabe du coin mais qu’on trouve en Ville comme à la campagne… un bordel pas permis avec un patron qui doit tuer les caribous à mains nus. Je me déleste de 70 dollars et ça sera ça chaque jour, alors que les “résidents” s’en tirent pour deux fois moins cher.

Tout est prêt, demain, j’affronte le roi des poissons…

18 heures de pêche par jour !!

Le réveil sonne à 3h du matin, j’ai l’impression de m’être à peine assoupi. J’étais hyper excité, après avoir éclusé un pack de bière à refaire la pêche, j’ai pas pu m’empêcher de lire et relire un magazine laissé là par un précédent moucheur. Au radar, j’avale le petit déj, on s’arnache, et direction la première fosse, les Fourches. Il est 4h et on est pas les premiers, on prend notre tour dans la rotation, et là commence ma dure expérience de la pêche au saumon.

Dans les grandes lignes, c’est de la pêche en noyée, il faut lancer travers ou légèrement aval, faire les mendings, striper en fin de dérive, descendre d’un mètre la rivière et recommencer… Le but ? peigner toute la veine où les poissons peuvent se tenir, avec une particularité qui m’a beaucoup posé problème, il faut arracher et relancer en une seule fois, et éviter au maximum les faux lancers. D’une part il faut éviter de faire passer trop de soie au dessus des poissons, d’autre part les mouches sont extrêmement fragiles et n’aiment pas trop ça…

Pour être honnête, les premières heures sont catastrophiques. Je m’emmêle, je lance à 10 mètres devant moi, mes posers sont vilains comme tout …Je sens que ça va être long !

Mais rapidement la journée s’anime, à la deuxième fosse, un grand coup dans la canne, je tire sur la soie, et d’un coup le décalage horaire et les 3h de sommeil disparaissent ! Ca résiste mais ce n’est pas le combat acharné annoncé par Jérôme, juste une jolie truite de mer (un saumon de fontaine, qui a la particularité de migrer sur ces rivières, et est dénommé ainsi au Québec).

Le poisson est super puissant, mais en soie de 8 c’est quand même vite réglé.

Je prendrais plusieurs de ces poissons, ainsi qu’une quantité industrielle de tacons, capables malgré leurs 15 ou 20 cm de taper des mouches en hameçon de 4 ou 2. C’est d’ailleurs terrible pour un pêcheur de truites de ne pas arrêter la dérive de la soie lorsqu’on reçoit toutes ces tapes dans la canne !

En fin de matinée, on est sur une fosse absolument superbe, avec quelques gros blocs, un courant puissant, et là je vois mes premiers saumon sauter !

Indescriptible la sensation qui me parcourt à la vue de bestiaux frôlant le mètre, tout argentés… Là encore, la fatigue se fait oublier. Mon tour étant passé, je contemple du haut de la berge Jean Philippe pêcher, et là coup dur, il arrache pîle au moment ou un saumon montait sur sa sèche, ce que mal positionné il n’a pas pu voir ! Si près, si loin, ce sera la fois où nous seront le plus proche d’en épingler un.

J’avais oublié de préciser que la Gaspésie a une particularité connue des saumoniers du monde entier, la possibilité de prendre des saumons en sèche. Il s’agit de faire passer une grosse mouche au dessus des poissons, j’y reviendrais autour d’une anecdote…

En tout cas, difficile de perdre des yeux les artificielles…  Et encore là c’est une petite…

Nous passerons la soirée sur une queue de fosse, là où l’eau ré accélère, sur deux saumons bien visibles mais totalement insensibles à nos mouches…

C’est dur de voir ces deux gigantesques poissons et les mouches qui les frôlent sans aucune réaction de leur part !

Quelques photos de cette première journée, pas de doutes, on y est !

La Matapédia assez en aval

Cliché de l’Amérique du Nord avec ce pont en bois

autre pont, mais un secteur pas top bien que très pêché, les eaux basses cette année font que le courant est lent et l’eau chaude, pas sûr que les saumons s’y tiennent… Mais bon mieux vaut tester quand même !

Nous rentrons le soir et les bières s’enchainent au rythme des histoires de pêche. On y croit, demain ce sera meilleur qu’aujourd’hui !

Après quatre heures de sommeil c’est reparti, à nouveau ça saute un pu du côté de la Fosse à Luc, mais rien n’y fait, il y a du monde en plus, il faut jongler entre les fosses qui ont un bon rendement (Jérôme a de bonnes sources) et celles où on peut se garer…

Ça me rappelle la Dordogne ou l’Ain, quand on trace pour la bonne bordure, en espérant être les premiers.

Midi sonne, il fait chaud, moite. On file au chalet, en l’honneur de l’anniversaire à Jérôme, Jean Philippe lui offre une casquette, qui d’après ses dires, a la particularité d’être une casquette chance.

Première fosse de l’après midi, pour fuir les bagnoles, on est sur un secteur très courant, peu profond, les postes sont peu marqués. J’y crois pas du tout, Jean Philippe non plus apparemment, au lieu de descendre mètre après mètre, on trace histoire d’en finir. En aval, coiffé de sa casquette chance, Jérôme lui est consciencieux, il a décidé de peigner cm après cm, et ça va payer… La vallée résonne d’un cri, je voie la canne pliée en deux et les remous vingt mètres plus loin. Je me précipite, attrape comme je peux les clefs dans le blouson de Jérôme et file à la voiture chercher l’appareil oublié… Après une vingtaine de chutes dans l’eau et sur la berge, je suis là à temps pour immortaliser LE saumon 2010 de Jérôme :

Wahou, c’est donc ça en vrai !! Une véritable torpille d’acier, que du muscle, impressionnant… On est regonflé à bloc, mais hélas, le compteur s’arrêtera là, en tout cas, la casquette chance que JP a offert à Jérôme vaut de l’or : un poisson moins d’une heure après être posée sur la tête…

Jean Philippe, et Jérôme coiffé de sa casquette chance, pas loin d’une fosse superbe mais dure à pêcher.

La Matapédia semble ne plus vouloir se livrer et le nombre de pêcheurs devient impressionnant. Demain on va sur la Matane, au nord de la Gaspésie.

Réveil dur, très dur,

La Matane se dévoile, les rives sont plus sauvages, l’amont coule à travers un parc national, c’est superbe. Hélas la rivière manque d’eau, le courant est faible, on sent que les mouches ne travaillent pas bien. On profite quand même du cadre.

Je vois des traces de caribou, des ours ont laissé leurs traces de griffes sur les arbres, il faut marcher au milieu de fougères aussi hautes que nous. L’air est lourd, et aux maringouins se sont ajouté les mouches à chevreuils, sorte de taons dont la piqure est particulièrement douloureuse. Je fais une sieste planqué sous des vêtements pour ne pas finir dévoré.

Arrivé à Cap Seize, fosse parmi les plus connue, je vivrais une sacrée émotion. En queue de fosse, deux saumons sont là. On s’insère dans la rotation. Tout le monde pêche avec de grosses sèches, je demande à Jérôme ce qu’il a de plus petit, et il me donne une mouche montée par un gobeur et offert pour son départ, quelque chose avec quoi on pourrait presque pêcher la truite. Jean Philippe me devance, sa mouche fait immédiatement réagir un poisson qui monte, colle son nez sous la mouche et redescend !!! Terrible pour les nerfs ! C’est mon tour, je laisse reposer. Je tremble en lançant mon imitation, la dérive est parfaite, et là le poisson se retourne, monte mais s’arrête à mi hauteur, mon cœur a du mal à repartir ! Christ de saumon sale ! C’est vraiment une pêche éprouvante pour les nerfs. En fait, le poisson a “flashé”, il s’est retourné sur le côté pour voir la mouche car contrairement à la truite, il voit très mal au dessus de lui.

Ce sera les dernières réactions des deux poissons, qui ne bougeront ensuite que pour disparaître en amont.

La fosse Cap Seize

Il faut repartir. Après une nuit au chalet, la route défile, on repose Jean Philippe à Québec, je passe une dernière soirée avec Jérôme et Maud, puis le bus pour Montréal. Un dernier tour dans la Ville, une repas avec Guillaume, et c’est le départ, avec en prime cinq heures de retard pour cause de panne d’électricité à Orly.

L’aventure est terminée, je rentre groggy, il me faudra du temps pour digérer l’aventure.

Impressions

En revoyant les photos j’ai du mal à croire que j’ai vécu cette aventure, et je me dis que je n’ai pas su en profiter pleinement, pour plusieurs raisons :

– d’abord je n’étais pas prêt, la pêche au saumon ne supporte pas l’improvisation. Je me suis beaucoup reposé sur Jérôme, j’aurais du monter mes propres mouches, lire plus sur les tenues et habitudes de ce saumon, m’entraîner à lancer, histoire de mieux m’imprégner et ne pas prendre tout dans la tronche en trois jours !

– ensuite mieux vaut être très frais physiquement. 10 jours avant je faisais une chute terrible dans les gorges de la Bienne, due à trop de fatigue cumulée. J’ai trainé mon dos en vrac dans la moitié du Québec et certains jours ça tirait un peu. D’un autre côté cette pêche a un côté presque hypnotique, en bout de la 12ème heure de pêche, du 200ième lancer, bouffé par les maringouins, le corps devient une machine et l’esprit s’évade…

Ensuite, un truc m’a particulièrement frappé, le Québec c’est tout sauf un pays d’écolos. Si la nature semble si puissante, c’est que son gigantisme et l’âpreté du climat la préserve un peu. Mais je n’ai vraiment pas vu que du beau. Comme dans toute l’Amérique du Nord l’étalement urbain prend des proportions impressionnantes. Montréal semble ne jamais finir, Victoriaville ne compte que 40 000 habitants mais il faut une demi heure pour la traverser en voiture. L’eau est gratuite, générant un gâchis monstrueux, la nature est vu comme une ressource sans limite qu’on peut solliciter en permanence.

Pour exemple les truites ne doivent leur survie qu’au fait que les québécois n’aiment pas trop marcher pour pêcher. Aucune maille, aucune limite du nombre de capture par jour, les revues de pêche renvoient à une vision de la pêche abandonné d’assez longue date chez nous. J’ai pu y “admirer” des photos de dizaines de truites, dorés, saumons de fontaines, étalés sur un pont de bateau ou dans l’herbe.

Le saumon fait figure d’exception, est ce le pragmatisme qui l’a sauvé, quand on connait les revenus générés par le poisson roi ? Peut être, j’ai envie de croire qu’il s’agit aussi d’un symbole de la nature que les québécois ne voulaient pas voir disparaitre.

En tout les cas, alors qu’en France notre capacité à mettre en évidence le poids du tourisme pêche semble une des seules voies pour peser dans les discours sur la gestion des cours d’eau, je voulais rapporter ces chiffres :

En Gaspésie, en une année, 8 000 pêcheurs génèrent 40 000 journées de pêche. En monnaie sonnante et trébuchante cela représente 16 millions de dollars et 75 emplois directs, auxquels se rajoutent l’hébergement, les commerces, pour qui la saison de pêche constitue un pic.

80% des pêcheurs sont québécois, les 20% restants viennent des autres provinces, des États-Unis et du reste du monde.

A méditer…

Les rivières québécoises ne sont en tout cas vraiment pas épargnés par l’homme. Lorsqu’il y a agriculture, elle est très intensive, et les rivières de plaines ne sont pas vraiment réjouissantes à voir, chauffant très vite, elles sont pleines d’algues filandreuses. Quand à la Matapédia et à la Matane, la dydimo s’est invité :

Bref, la réalité est plus complexe que la carte postale et derrière la cabane au Canada se cache la réalité d’une nature extrêmement fragile.

Quand à la pêche au saumon, elle m’a laissé un goût un peu amer. Si j’avais pris ce saumon en sèche sur la fosse Cap Seize, je tiendrais sans doute un discours très différent. Mais en l’état, je dois bien avouer que je préfère de loin la pêche de la truite, voir le poisson s’alimenter, essayer de piger ce qu’il mange, s’inscrire dans la cadence des gobages… Bref j’ai trouvé la pêche du saumon un poil trop mécanique, et un côté loterie un peu énervant. Pour exemple, c’était la 18ème sortie de pêche au saumon de Jean Philippe, qui pêche remarquablement bien, il aurait amplement mérité un saumon. Heureusement, la nature n’est pas si vache, car en juillet j’ai pu voir les photos de son premier !

En tout cas je ne regrette rien, j’ai eu énormément de plaisir à revoir Jérôme. Je le remercie, et Maud également, pour leur accueil et leur gentillesse. Sans Jérôme, je n’aurais jamais pu vivre cette expérience, c’est lui qui m’a motivé, puis a assuré la logistique.

Merci également à Magali et Guillaume pour leur accueil à Montréal.

La suite en matière de voyage de pêche, ce sera certainement plus orienté truite, mais il est fort probable qu’un jour je revienne voir la Gaspésie.

Quelques prix, quelques liens, quelques infos

En premier lieu, il faut s’acquitter d’un permis pour l’année, la journée ou la semaine pour tout le territoire canadien, sachant qu’il faut différencier le permis “tout poisson sauf migrateur” du permis saumons.

Le permis non migrateurs m’a couté 41,50$ pour 7 jours.

Le permis saumons “remise à l’eau” m’a coûté 36,75$ à l’année. Sinon, sept saumons peuvent être conservés mais le prix explose on est plus près de 140$. Pour moi il n’y avait aucune ambiguïté sur le choix.

Ce permis doit ensuite être couplé avec un droit à la journée, qui peut être très cher sur certaines rivières, voir impossible à obtenir sans un guide (compter alors 300$).

Les droits à la journée sont chers pour les non résidents, si un canadien va payer 30 dollars sur la Matane ou la Matapédia, un français va y laisser entre 60 et 70 dollars. A ce prix là, on lâche pas la canne pour faire des bouquets de fleurs, les journées doivent être entièrement consacrées à la pêche.

Un site incontournable pour mieux piger la règlementation québécoise concernant le saumon : https://www.saumonquebec.com/

Toutes les infos sur les remontées, les captures, les tarifs des permis, la réglementation, et surtout, surtout, pour les plus beaux parcours, les inscriptions pour les tirages au sort.

Il existe deux tirages au sort, un en présaison (le 1er novembre cette année pour 2011) et un 48heures à l’avance. Pour info j’ai été retenu pour Sainte Anne mais je ne pouvais emmener qu’un pêcheur, et on était trois, dommage !

Évidemment, le site de l’Indien : http://jeronimo.gobages.net/ qui y raconte notamment ses premiers saumons.

Là où on a créché, une super adresse, le confort, la rivière à deux minutes et un accueil exceptionnel : gitesbj@globetrotter.net.

une boutique sur la Matapédia pour faire le plein de mouches (pas données !) et de conseils : lesaumoneau@globetrotter.net

Et évidement, incontournable, surtout si on atterrit à Montréal pour se rendre ensuite en Gaspésie : l’Ami Moucheur. Permis, matos et conseils, un fly shop, un vrai, comme il n’en existe pas à ma connaissance en France : http://www.amimoucheur.qc.ca/

Bon, il a pas de site Internet, mais allez voir le dépanneur de la Vallée, à Causapscal, sur la route principale entre les secteurs 4 et 3 de la Matapédia. Vous pouvez pas louper l’énorme mouche en bois sur le parking. Mouches vilaines mais “qui prennent”…

Enfin difficile d’évoquer le saumon au Québec sans parler de Pierre Manseau, qui se bat depuis des années pour la préservation du poisson roi, son retour dans les rivières qu’il a quitté. Une mine de conseils et un personnage, que j’ai eu la chance de rencontrer sur la Fosse Cap Seize sur la Matane. C’est aussi le mentor de Jérôme.

Au global, en étant hébergé une bonne part du séjour, en divisant les frais d’essence et de nourriture, d’hébergement, avec tous les transports (avions, bus), le séjour m’a coûté environ 1 100 €, et le dollar était plus fort que maintenant.

Christ de saumon sale ! – première partie

S’il fallait traduire, ça voudrait à peu près dire « saloperie de saumon de merde qui fait trop chier bordel ! », car je n’irais pas par quatre chemins, le saumon à la mouche c’est une pêche qui rend fou.

D’ailleurs, quelle mouche m’a piqué pour que je décide ainsi de rejoindre l’Indien à 6000 km de chez moi à la poursuite d’un poisson dont je ne connaissais rien et pour lequel je n’étais ni équipé, ni préparé ?

Ben en fait c’est lié à une promesse faite au moment où Jérôme décide de partir vivre au Québec. Déjà, il n’avait pas fini de me refiler tous ses coins sur la Basse Rivière d’Ain, le Rhône et l’Albarine, alors il fallait rester en contact. Et puis il m’avait déjà parlé de ce poisson qui rend fou, alors j’avais promis d’aller le voir, sans trop prendre la mesure de cette promesse, et à mesure des mois, les comptes-rendus enthousiastes de l’Indien ont peu à peu transformé l’hypothèse en évidence.

En décembre 2009, je prends les billets, par d’incessants messages j’assaille mon futur hôte pour en savoir un peu plus, quel matos, quand, comment, où on irait ?

Les premiers mois de l’année semblent interminables et puis tout s’accélère et le 26 juin je me retrouve à l’aube de mon premier voyage halieutique. Alors comme c’est le premier, je vais prendre un peu le temps, car on ne peut pas tour à tour découvrir un nouveau pays, revoir des amis, aller au devant d’un poisson mythique et ne rapporter que trois photos et demi en disant « ouais c’était pas mal mais y avait pas beaucoup d’eau… ». Du coup je vous propose un petit rendu en plusieurs parties :

Première partie :

–          Le Québec immense et loin

–          Mises en bouche

Deuxième partie :

–          Dix huit heures de pêche par jour !

–          Impressions

–          Quelques prix, quelques liens, quelques infos

Le Québec immense et loin

Je ne sais pas vous, mais pour moi l’avion a conservé toute sa magie. A Orly, je dispute la place aux enfants devant la vitre pour mieux voir l’énorme 747 qui se prépare au décollage. Le stress de l’enregistrement des bagages est passé, je n’ai plus qu’à espérer que les cannes arrivent entières et en même temps que moi de l’autre côté de l’Atlantique.

Ceci étant, je suis vite rattrapé par la réalité au moment où il faut que je m’insère dans le minuscule siège qui m’abritera pendant septe heures !

Malgré tout le voyage passe vite et l’écran me permet de voir que je me rapproche de plus en plus du but !

A Montréal, je suis accueilli par Magali et Guillaume, deux amis que je connais depuis mes jeunes années d’étudiant insouciant à Tours. C’est la possibilité d’échanger sur leur expérience de vie chez nos « cousins » et de bénéficier d’un premier aperçu de Montréal. J’en profite pour les remercier chaleureusement pour leur accueil.

Je me suis un peu attardé dans Montréal (notamment avant de retourner en France). Si mes amis s’accordaient à me dire que l’hiver la ville peut parfois être triste, en plein soleil, à l’aube du festival de Jazz, Montréal est une ville passionnante et particulièrement agréable. De prime abord, pas de doutes, c’est une ville nord américaine, plan en damier, grattes ciels, immeubles en briques et leurs échelles rouillées, grands parcs pleins d’écureuils… Un petit New York où tout est écrit en français (ou presque) où l’on finit par déboucher sur un bout d’Europe échoué contre les grattes ciels, la fameuse vieille ville. Ce puzzle de quartiers, ces étudiants en masse, sa vie grouillante, font de Montréal une ville vraiment agréable.

Pour rejoindre Jérôme, il faut prendre le car, et là, je vais prendre la mesure de l’immensité québécoise. Le long d’autoroutes plus que largement dimensionnées, le paysage défile. D’abord la banlieue résidentielle, industrielle et commerciale de Montréal qui semble ne jamais s’arrêter, puis les champs de maïs à perte de vue qui font passer la Beauce pour un jardinet. C’est monotone et plutôt moche, heureusement, il y a les énormes camions rutilants pour me distraire. Mais je sais qu’entre Montréal et Québec, ce n’est pas le plus beau de la Province, et que bientôt, ma mouche va dériver dans des rivières de rêve.

Mises en bouche

Jérôme me récupère à Trois Rivières pour prendre les permis et humer l’air à « l’Ami Moucheur », Flyshop culte s’il en est. Les permis sont pris (c’est très simple) et seul un budget limité me fera rester raisonnable face à l’abondance du magasin. Il y a de quoi monter quelques milliers de mouches, y compris les plus folles.

Jérôme travaille les premiers jours de mon arrivée, mais il se met en quatre pour me trouver des coins de pêche. La tâche est ardue, il fait un soleil de plomb, l’air est incroyablement moite, les rivières très basses suite à un hiver doux et un printemps sans pluie.

D’abord, nous partons pour une belle rivière des Appalaches, à une heure de chez lui, pour un premier coup du soir le samedi et toute la journée du dimanche.

Les paysages me font penser au Massif Central, à quelque coin perdu des hauts plateaux de Lozère, mais les fermes de bois et les pickups garés dans les cours me rappellent que je suis en Amérique du Nord. La rivière s’inscrit dans cette ressemblance, on se croirait sur la Loire ou le Haut Allier, eaux noires et puissantes s’alanguissant en méandres ou mugissant entre de gros blocs.

Le lac qui donne naissance à la rivière est noir de monde, et en particulier de pêcheurs, mais vingt minutes de marche nous amènent à la plus complète solitude. Le québécois semble aimer pêcher pas loin de la voiture. Et tant mieux pour les poissons, car les truites ne font l’objet d’aucune maille ni d’aucune taille limite. Feuilleter un magasine de pêche revient à visualiser des tableaux de chasse que nous ne sommes plus habitués à voir en France.

Le premier soir je décroche une truite qui à peine piquée se rue vers l’aval. Des poissons gobent mais sont très difficiles. Moi qui pensait me gaver avec de grosses browns prenant d’énormes sèches je commence à revoir mes plans.

Le lendemain nous ratissons la rivière en sèche, en nymphe, en noyée, au streamer, rien de rien, le désert, je croiserais juste une sorte de barbeau qui ne voudra pas prendre la mouche (dommage).

Tout un coup, vers dix neuf heures, l’éclosion tant attendu arrive. Des sortes de sulphures jaune crème défilent, puis des sedges, les premiers gobages apparaissent. La rivière est puissante, divisées en de nombreuses veines d’eau, les berges boisées et le lit vite profond. Les coups ne sont pas faciles et les truites non plus. Aucune de mes mouches n’intéressent les poissons alors que Jérôme a enclenché le compteur et c’est du lourd !

Finalement, au bout d’un long bas de ligne, je mets une émergente de sedge en h18 et je prends ma première truite canadienne, incroyablement grasse et puissante. J’en louperais trois autres au ferrage et Jérôme me mets cul rouge avec six poissons.

Il y avait plus gros à manger, mais les poissons ne prenaient que des émergentes de sedges.

Le lendemain, Jérôme bosse et ne peut pas m’amener trop loin. Il me dépose sur un petit ruisseau, superbe. Pendant deux heures je le descends, et je suis frappé par le fait qu’il n’y a absolument aucune trace de passage avant moi. Le cadre est hyper sauvage et pour cause, la rivière est vide. Pendant plusieurs heures j’insiste sur les postes prometteurs, rien, pas un gobage, pas une ombre dans l’eau. Mystère, un énorme orage me fera attendre Jérôme dans un cabanon.

Le lendemain, c’est Maud qui m’accompagne sur une grosse rivière de plaine pour pêcher le bass. La rivière est très large, coule assez rapidement. Le décor est limite flippant, avec ses quelques maisons de bric et de broc, la brume sur l’eau, ça faisait un peu film d’horreur. Après l’orage de la veille, l’eau avait monté, et les postes étaient difficiles à atteindre. Je loupe trois fois de suite un doré (sandre local) que je vois attaquer mon leurre mais que je n’arrive pas à ferrer… Des jeunes pêchent aux leurres avec un succès relatif, un petit achigan qui finit dans un sac plastique.

C’est déjà la moitié du séjour et demain, nous partons pour la Gaspésie… Je pensais être un fou de la pêche, j’allais connaître le rythme infernal que la pêche au saumon impose…

La suite bientôt

savoir s'entourer …

Mon esprit rongé par la passion pour la pêche me fait systématiquement et en continu développer les idées les plus folles, la plupart étant irréalisables il faut bien l'avouer.

Il n'empêche, pour 2010, en me servant du vecteur image, j'ai envie, d'une manière ou d'une autre, de rendre compte de la diversité des rivières, de la beauté des milieux et de la fragilité de ces derniers à moins de 2h de Lyon, 2 millions d'habitants.

Ce rapport entre la deuxième agglomération de France et un territoire particulièrement attractif pour la pêche me fait dire qu'ici plus qu'ailleurs il est possible de mettre en lumière le formidable potentiel que représentent nos cours d'eau.

Le travail reste colossal, et j'avoue ne pas trop savoir par quel bout le prendre. Les limites sont d'ailleurs vite cernables :

Comment filmer ou prendre des photos et pêcher en même temps ?

Comment dépasser le stade du clip et intégrer une musique propre à ce que l'on souhaite montrer ?

Alors je parle de tout ça autour de moi, quand le fait de radoter sur la pêche ne finit pas par épuiser mes amis. Et la solution apparait du côté de mon meilleur ami, fraichement lyonnais et depuis longtemps musicien : "ben je te fais les bandes sons, au contraire ça m'intéresse !". Et puis il m'incite à arrêter de faire mon timide et à demander à un ami commun photographe si l'idée de me suivre de temps à autre dans mes délires halieutiques l'intéresse.

 La sortie au réservoir des Fontaines vendredi (http://www.gobages.com/report/peche_a_la_mouche_en_france-6825.php) a été l'occasion d'un premier essai, et au vu de ce qui en ressort, j'ai bien envie d'aller plus avant dans l'aventure… Prochain essai, la gestion des musiques.

Je ne sais si celà dépassera le stade des plans sur la comète par delà nos verres de bière accumulés, toujours est il que ces quelques images me font penser que j'ai peut être trouvé deux comparses qui m'aideront par leur talent à retranscrire ma folle passion. Merci à eux.

réconciliation

Vous vous souvenez lorsqu'enfant, le bouchon sondait à la touche d'un gardon?  Et bien moi c'est la recherche de cette émotion qui m'a fait par la suite arpenter des km de rivières.

Avec les épisodes dramatiques liés à la sécheresse de cet été. J'étais un peu paumé, j'ai commencé par rechercher les sources, les affluents perdus que personne ne regarde…

Mais même eux ce sont asséchés, compromettant sévérement la fraie à venir.

J'ai choisi le pire moment pour me frotter aux "grandes et prestigieuses" rivières. eaux basses, poissons callés, mon passage dans le Jura m'a mis face à mes limites techniques…

Et puis rien ne marchait, mes lancers étaient mauvais, et la cause venait forcèment de tout sauf de moi…

Alors j'ai fait ce que j'aurais du faire plus tôt, bouger, retourner vers les poissons qui m'avaient tant amusé les années passées :

Et puis la fin de saison par chez nous est décallée dans certains départements, j'ai du coup décidé de prendre une revanche auprès des truites en filant vers l'Isère… Et là, le bonheur, des rivières rien que pour moi, des truites en pagaille mais boudeuses, permettant le subtil mélange entre pêche fine et plaisir des prises régulières. Au lieu de 3, je suis resté 2 jours, gavé, repus, préférant finir sur cette 40 cm toute jaune prise au ras de la berge d'en face, sur 10°°…

Ces prises régulières m'ont permis de me pencher sur la technique, de me rendre compte que mes échecs étaient liés à des évidences que la quête assoiffée du gobage ne me permettait pas de voir.

Bref, réconcilié avec le pêche le gars. J'ai revu le petit bouchon à l'antenne fluo sonder…

idée de site

Salut à tous

Voilà, il me trotte depuis plusieurs semaines dans la tête l'idée de créer un site Internet recensant les no kills autour de Lyon (vaste rayon). Nous sommes des privilégiés car l'offre est abondante, malgré celà l'information est clairsemée, éclatée, peu évidente à trouver dans certains cas.

Je reste droit dans mes bottes quand au constat de l'immense potentiel dont nous disposons et de la faiblesse de sa mise en valeur. La Région Rhone Alpes (et ses alentours) a vraiment une carte à jouer en matière de tourisme halieutique. De manière très immodeste, j'aimerais apporter une petite pierre au développement de ce dernier.

J'ai travaillé à l'architecture du site, où à partir d'une recherche cartographique ou tomberait sur une page présentant le no kill (carte avec accès, infos sur les cartes de pêche, descriptif avec photos, principales techniques et hébergements à proximité…, liens vers de l'info sur l'asso, les niveaux…). J'ai même envie d'aller plus loin en donnant les coordonnées des guides sévissant sur la rivière, et pourquoi pas l'adresse d'un monteur local auprès duquel prendre quelques mouches.

Ce site serait régulièrement mis à jour en fonction de mes virées sur les différents parcours.

Je me heurte évidement à la difficulté technique de mise en oeuvre du site, puis de l'hébergement, mais ça c'est mon problème.

Je vous sollicite pour savoir si vous jugez pertinent la création d'un tel site, et pour recueillir votre avis sur la question. Sachant que je suis un débutant dont la majeure partie des virées se solde par un capot, n'est ce pas péromptoire de ma part de m'engager dans une telle démarche ?

A beaucoup plus long terme, sachant que je me vois évoluer au fil des ans sur un mêtier plus en rapport avec le développement territorial et le tourisme de proximité (je ne me sens pas la moelle à 65 ans de continuer à faire le boulot que je fais actuellement) j'imagine même moyennant un % proposer selon les souhaits des personnes de leur trouver un hébergement, prendre leur carte, trouver un guide… Il s'agirait bien sûr d'une activité d'appoint, inutile d'espérer en vivre. Là aussi je serais heureux de recueillir vos avis…

Et pour finir, ma motivation première… c'est pas beau çà ??

BRA – rétrospective

Un jour je tombe sur une vieille affiche militant contre le déclassement de la Basse Rivière d’Ain, qui de grande rivière à ombres se retrouvait « simple » rivière de première catégorie. 

Et au regard de la population piscicole, il faut bien rendre compte de l’ineptie. La Basse Rivière d’Ain fait partie des quelques rares grandes rivières françaises proposant une véritable population mixte, où presque toutes les espèces piscicoles sont présentes. 

Aujourd’hui je ne devrais pas avoir à tirer un bilan de 2008, mais plutôt préparer des petites mouches à ombres, des nymphes à barbeaux et des streamers à brochet. Quel gâchis, quelle souffrance aussi lorsqu’en passant sur les ponts je constate les immenses bancs de barbeaux, le brochet qui chasse et l’ombre qui ondule dans le courant.  

Au lieu de cela, le classement actuel considère le brochet comme nuisible et autorise de fait son massacre, alors même qu’il trouve dans les bras morts de la rivière un des derniers milieux pour se reproduire, et ce malgré les marnages incessants.  

Dans le même temps, ce classement concentre la pêche sur quelques mois, et de juin à septembre, pêcheurs en foule, baigneurs, badauds et canoës se bousculent sur l’eau, ce qui a mon sens nuit à la rivière et entrave pas mal le comportement des poissons. Par ailleurs, ce n’est pas forcément le moment idéal pour traquer des salmonidés qui doivent faire face à une eau réchauffée. 

Ne serait il pas plus judicieux d’étaler cette fréquentation sur l’année ? 

Ne faudrait il pas prendre la mesure de la diversité de la rivière et imposer le même règlement exemplaire que pratique l’UPRA à l’ensemble des espèces et pas aux seuls truites et ombres ? 

Ne limiterait on pas la présence du cormoran par une présence régulière de l’homme sur les bords de la rivière ? 

Dans le même temps je suis conscient des moyens dérisoires de l’association pour lutter contre le braconnage et les malversations diverses, et  de fait on peut penser qu’autoriser la pêche à l’année entraînerait des truites dans les paniers. N’empêche, je suis encore un peu jeune et j’aime rêver. 

Il ne me reste cependant plus qu’à tirer le bilan de l’année 2008 sur la BRA, bilan en forme de premières fois. 

Première truite, tard dans la saison (juillet), et à force de persévérance (au moins une dizaine de sorties préalables sur ce spot). Truite qui a succombé à sa faim de vairons. Impossible d’en sortir d’autres, quelques casses en nymphostream et une en noyée (20°° quand même, ça devait être un morceau).Je me souviens encore de chaque détail de la capture de cette première zébrée, de la touche en passant par le combat puis au moment de le relâcher.

   

Premiers ombres, que j’ai cherché cette année un peu plus spécifiquement, pas beaucoup, 5 ou 6, et pas des gros. Début de saison presque facile puis ils ont vite compris la musique tandis que moi je m’entêtais à ne pas descendre en taille d’imitation.C’est une pêche passionnante, alors même que jusque là ce poisson ne m’avait jamais motivé. Dérive aval, pas de dragage (plus facile sur l’Ain que sur la Dordogne) et petites imitations basses sur l’eau.Touches très rapides. Ceci étant, quand il gobe, c’est pas pour de faux. Je pense qu’on ne loupe pas beaucoup de poissons, ceux qu’on croit louper montent juste « taper » la mouche, c’est assez flagrant en eaux claires. 

 

Premières vandoises, que j’ai trouvées particulièrement plaisantes à pêcher. Au demeurant j’ignorais leur existence sur l’Ain et c’est un poisson combatif pour sa taille. 

Premiers chevesnes de l’Ain, ce vieux compère m’a donné beaucoup de fil à retordre sur cette rivière. Sur les secteurs calmes qu’il affectionne et avec la clarté de l’eau, il est particulièrement méfiant. Et toujours cette défense très différente d’un poisson à l’autre, entre le gros mollasson qui se fait treuiller et celui pris dans un courant qui vend chèrement sa peau… Premier brochet maillé. Cette année que je pensais destiner en grande partie à seigneur Esox sur cette rivière, a été finalement très plate, car les eaux plus basses que l’année passée ont limité mes sorties de pêche à sa recherche. Je suis par ailleurs inquiet, j’en ai vu beaucoup, beaucoup, beaucoup moins que l’année dernière, où notamment les juvéniles pullulaient et où j’ai vu quelques poissons records.

  

Enfin premier barbeau, et là ben en fait y a pas trop de mots… Certains doivent trouver ce poisson assez nul, car avec lui point de cabrioles et de sauts à répétitions, par contre attendez vous à batailler plusieurs minutes avec un poisson qui ne semble jamais épuisé et qui vous fera plusieurs rushs de suite. J’ai adoré, et l’année prochaine ma boîte sera alourdie de nymphes destinées aux barbus.

  

Il y a eu aussi le plaisir des rencontres au bord de l’eau. Jeronimo, qui m’a appris les coins et la pêche en noyée, Pierrick, traqueur de grosses truites et poète (son blog, malheureusement peu alimenté depuis qques temps vaut le détour), steph@, corrézien en périple calcaire, Tilky, qui me prend son premier ombre sous le nez un jour de bredouille pour moi, Fanfouet et Niko, descendus du Nord Est avec vieille Clio, tente flinguée et Kro depuis Nancy, mais surtout avec un paquet de bonne humeur (pure journée les gars !!)… 

Il y a les prises de tête, pêcheur à deux cannes (même si c’est autorisé je trouve ça débile dans cette rivière), moucheurs antipathiques incapables de dire bonjour, clubs ou du moins groupes de moucheurs traquant avec assiduité l’ombre …. Trois semaines avant l’ouverture. 

Bref, tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais voir le ciel devenir rose sur la rivière, croiser régulièrement les castors, observer les oiseaux  et l’ensemble de la faune sur cette rivière si proche de Lyon, c’est exceptionnel. Lorsque les poissons ne veulent rien savoir, lorsque les seuls gobages sont ceux des barbeaux (un mystère à résoudre), on s’assoit et on observe, et franchement, ça aide à se réconcilier avec le monde. 

Durant deux à trois mois, de mai à mi juillet, j’allais presque un soir sur deux en semaine au bord de la rivière. Le bilan peut sembler extraordinairement faible si on regarde le ratio sorties / captures, mais cette année m’aura permis de comprendre certaines choses, et surtout, de me poser un paquet de nouvelles questions… 

J’aimerai que 2009 soit sous le signe de la régularité, ce qui suppose de peu à peu effacer le côté brouillon qui me caractérise et être en mesure de tirer les conclusions de déjà deux ans de fréquentation de la rivière… Mais tout me semble si neuf à chaque fois, et je me trouve si gauche… Est il envisageable de passer encore plus de temps au bord de l’eau ? Ou faut il chercher à rationaliser les sorties ? La vie et ses obligations me rattrapant de plus en plus, il va falloir me résoudre à pencher pour la seconde… 

J’ai un hiver pour ça, que le votre soit plaisant, qu’ils donnent l’occasion à chacun de prendre la mesure de sa passion.

En songe…

C’était hier  après-midi.

 

Le temps était superbe, à la triste enveloppe de brouillard du matin avait succédé un franc soleil, l’air était pur et frais.

 

A cet endroit la rivière se rapproche du coteau et de fait on sentait très peu le petit vent du nord qui ailleurs ridait l’eau.

 

J’ai profité d’une fin de réunion pour me pencher par dessus le garde corps du pont. L’eau était transparente, et le niveau, très haut la semaine dernière, était parfait, peut être un poil trop haut s’il fallait chipoter.

 

J'ai d’abord distingué très clairement les cinq gros chevesnes sous le roncier. J'ai lancé un gros sedge et c’est le plus éloigné du groupe qui prend, le plus clair, couleur galet, que je n’avais pas vu au début d'ailleurs.

 

Ensuite je me suis dirigé vers le courant principal où sur une grande gravière ce sont des dizaines de barbeaux qui se sont réunis pour s'alimenter. Les éclairs de leurs flancs le confirmaient en effet. Quelques nageoires bleu électrique m’indiquait que des ombres étaient glissés dans le banc, je ne savais pas que la cohabitation était possible.

Je n’avais pas de temps pour une pêche fine et j'ai donc balancé mon nymhostream au milieu. J'ai clairement vu le poisson mordoré se décaler… Il était au bout, semant une belle pagaille dans le banc. S’en est suivi la série de rushs sans fin connu de tous les pêcheurs de barbeaux.

Remis à l’eau il a vite rejoint le groupe qui s’était déjà reformé.

 

J’avais également repéré du pont une truite, plus haut, callée derrière un rocher. Mais sa pêche n’etait plus autorisée, j’hésitais…

J'ai alors regardé mon portable, de toute façon il fallait que je rentre au bureau. La réalité a soudain pris le pas sur ma rêverie et ma partie de pêche en songe a glissé le long du courant pour disparaître…

Vous l’aurez compris j’étais au dessus de l’Ain hier mercredi et la pêche est fermée depuis dimanche.

Première fois de l’année que je vois une telle concentration de poissons. Ca va être long….

2

Hello,

Ca faisait longtemps que je voulais partager ma passion avec deux très bons copains. Les galères de calendrier ont fait que c'est seulement samedi dernier que nous avons pu trouver une date commune.

J'avais prévu une sortie réservoir le matin pour apprendre les gestes de base, puis une virée sur l'Ain pour découvrir la beauté de cette rivière, repérer des poissons ou des gobages, idéalement prendre un poisson.

La météo en a décidé autrement. Sous des trombes d'eau mes deux apprentis moucheurs s'en sont fort bien sortis. Peu à peu le geste est devenu plus assuré, la soie qui au début faisait des S a peu à peu décrit les belles et longues courbes que l'on aime tous. Nous sommes restés sur le réservoir histoire de ne pas affronter une rivière d'Ain s'étalant bien au delà de son lit…

Manque de bol, un stock de truites non renouvelé depuis le printemps, plus un certain nombre d'animaux blessés, mourrants, à cause de la fraie (le patron était pas content, lui qui avait acheté des poissons stériles), nous ont valu un beau capot…

Toutefois, il y a eu :

un rotengle (seul poisson sorti, bravo Vince !!)

deux casses sur des truites au streamer,

un casse sur un black (ça c'est pour ma pomme, punaise la chataigne que ça met !!)

J'ai maintenant deux copains qui me tannent pour y retourner, prêts même à investir dans du matos.

Moi je dis, avec la pluie et le capot, c'est vraiment des passionnés !!

Bon, par contre, il faut que je me remette à l'étau, car les arbres et les fonds ont été bien décorés de mes imitations !!

Bienvenue donc à Xavier et Vincent, deux nouveaux palmers !!

pour une mouche…

En fait tout est partie d'une erreur…

Une erreur d'étourderie, de celle dont je suis coutumier. Celle qui faisait hocher la tête de ma grand mère et lui faire dire qu'un jour j'allais oublier ma tête.

Aussi définitivemment atteint que je puisse l'être par la maladie de la pêche, j'ai en effet réussi à me tromper sur la date de la fermeture…

Jusqu'à avant hier j'étais convaincu que ce dimanche 14 sonnait le glas de mes escapades salmonicoles.

Du coup, ça faisait trois mois que j'avais positionné un RTT demain vendredi. Et une semaine que dévoré d'angoisse je regardais la météo, pour constater impuissant le calage parfait d'une dépression orageuse avec le jour choisi pour vivre une dernière belle journée de pêche à la truite.

Pratiquant assidu des sites météo, je comparais, espérais, pour finalement deviner une fenêtre de beau temps après l'orage sur la Lozère.

Avant hier j'ai monté une mouche spéciale pour les rivières paresseuses des eaux plateaux. A la fois sedge et pourquoi pas terrestre quand je la ferai choir depuis les hautes herbes de la rive. Corps constitué d'un enroulement de foam, un soupçon de dubbing jaune sale et une tête et des ailes plutôt réussies en chevreuil. Bref un insubmersible destiné à être projetté contres rives et rochers. Une mouche qui fait quitter l'étau satisfait.

Ce matin, je fourre mes affaires dans le coffre. Mais ce soir je n'irai pas comme prévu en Lozère.

Ho, je pourrais prétexter que la météo prévoit de telles trombes d'eau ce soir que je suis septique pour demain, ou encore que les appels de ce jour m'obligent à une présence au bureau demain. C'est vrai, c'est vrai.

Mais enfin, c'est surtout que j'ai oublié la mouche sur l'étau…